TUNISIE
01/08/2018 16h:38 CET | Actualisé 01/08/2018 16h:38 CET

La liberté religieuse aux États-Unis serait-elle réellement menacée?

"Une force d’intervention pour les libertés religieuses" vient d'être créée par le procureur général des États-Unis

Jeff Sessions, procureur général des États-Unis, a annoncé la création d’une force d’intervention pour les libertés religieuses.

Le lundi 30 juillet, le procureur général des États-Unis a déclaré que la force d’intervention pour les libertés religieuses, de croyance et de conscience, tenant son origine d’un mémo rédigé par le ministère de la Justice en 2017, venait d’être créée.

 

Une force qui permettrait notamment, selon Jeff Sessions, de “lutter contre la dangerosité de l’athéisme”, autorisant alors les organisations religieuses à contribuer sans limites aux campagnes policières, et permettant une discrimination basée sur les croyances.  

Si l’organisation et le fonctionnement de cette force demeurent à préciser, le discours de Jeff Sessions n’était pas dépourvu d’un message fort: à travers une histoire des États-Unis présentée sous un angle guerrier, le procureur a saisi l’occasion de conférer à la religion un rôle essentiel, voulant ranimer une forme de nationalisme chrétien qui serait sous le feu des “laïcards”.

Une perception cependant bien éloignée de la réalité : aux États-Unis, plus de 70% de la population est chrétienne, moins de 6% pratiquent une autre religion et seulement 3,1% de la population est athée. Plus de 50% de la population estime que la religion joue un rôle majeur dans leur vie, et les États-Unis sont l’un des peuples les plus religieux du monde occidental comme le révèle le Pew Reserach Center.

Pew Research Center

Le retour de la religiosité politique

L’élection de Donald Trump en 2016, fortement soutenue par certaines communautés religieuses, annonçait un retour de la chrétienté dans la politique. Le président, marié trois fois, incapable de citer la Bible correctement, est pourtant le nouveau messie des évangélistes, et soutient des réformes habituellement associées à l’extrême droite chrétienne.

Après sa première initiative, le muslim ban, qui voulait interdire l’entrée de citoyens de certains pays majoritairement musulmans sur le sol américain, le droit à l’avortement risque de pâtir des avis du président. En 1999, Donald Trump déclarait pourtant être pro-choix, mais depuis s’illustre en anti-avortement. 

La nomination d’un nouveau juge à la cour suprême suite à la retraite de Ted Kennedy, Brett Kavanaugh, menace les femmes américaines qui dans certains États peinent déjà à avorter en toute sécurité. La confirmation de Kavanaugh par le Congrès pourrait signifier la fin de Roe v. Wade, décision de la cour suprême de 1973 ayant permis la dépénalisation de l’avortement.

Des mesures qui menacent alors plusieurs communautés américaines, et qui soulignent la relativité de la liberté de conscience.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.