ALGÉRIE
06/10/2019 16h:36 CET

La LADDH s’insurge contre “l’escalade de la répression” et s’interroge sur une “justice à double vitesse”

facebook/CNLD
Communiqué LADDH

La ligue algérienne de défense de droits de l’homme (LADDH) s’est “inquiétée”, dimanche, dans un communiqué signé par son président, Me Nourredine Benissad, d’une “escalade” en cours dans la répression contre les activistes et militants du hirak populaire. 

Le nombre des personnes poursuivies ou emprisonnées a dépassé la centaine, indique la LADDH en soulignant que les ““activistes et militants des mouvement populaire, associatif et politique” qui subissent cette  répression n’ont fait que manifester ou exprimer une opinion de manière pacifique.  

La ligue relève la différence de traitement des tribunaux face aux chefs d’inculpations contre les militants et activistes arrêtés. Elle relève que “ certains tribunaux à l’intérieur du pays ont prononcé des relaxes alors que d’autres ont recouru à la mise en détention souvent systématiquement confirmées par la chambre d’accusation.”

Pour rappel certains tribunaux ont permis des libertés provisoires, d’autres ont prononcé des condamnations par sursis alors que certains ont carrément prononcé la relaxe des prévenus. Alger est, selon les décomptes, la juridiction où il y a eu le plus grand nombre de mise en détention provisoire de manifestants arrêtés. La LADDH s’interroge de ce fait “sur une justice à deux vitesses et rappelle que le droit d’exprimer pacifiquement une opinion n’est ni un crime ni un délit”.

L’organisation de défense des droits de l’homme rappelle à la justice que son devoir premier est “ de protéger les libertés collectives consacrées par la constitution et les conventions internationales relatives aux droits de l’homme ratifiées par notre pays, notamment le pacte international relatif aux droits civils et politiques qui garantissent les libertés à toute personne de circuler, de manifester, de se réunir, de s’exprimer et de participer aux affaires publiques de son pays.”

Pour la Laddh qui exige la libération de tous les détenus d’opinion, “l’escalade des poursuites et de la répression comme réponse à l’exercice des libertés” ne transgresse pas seulement les textes qui consacrent les libertés, elle est aussi une “fausse solution” à des problématiques politiques qui “appellent le dialogue et un consensus national qui jettent les jalons de la construction de l’état de droit.”