ALGÉRIE
12/09/2019 18h:47 CET

La LADDH met en garde le pouvoir contre la propagation des discours “de haine faits d’accusation en trahison et de racisme”

solidcolours via Getty Images

“La liberté d’expression n’est pas un crime”, souligne jeudi, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) qui  s’indigne du placement en détention provisoire de Karim Tabbou, coordinateur national de l’Union démocratique et social (UDS - parti non agréé) par le juge d’instruction près le tribunal de Koléa. Le militant est poursuivi pour atteinte au moral de l’armée en vertu de l’article 75 de code pénal à propos de “déclarations” faites le 8 mai 2019 à Kherrata. 

 La LADDH rappelle que la liberté d’expression est garantie par la Constitution et les pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme ratifiés par l’Algérie. Cette liberté d’expression “englobe aussi bien la critique que la valorisation des rôles joués par les différents acteurs politiques et institutionnels dans le contexte précis que traverse l’Algérie, marqué par une imbrication des prérogatives et des contradictions dans les positions au sujet de la manière de concrétiser les revendications du peuple, exprimées à travers le hirak pacifique depuis le 22 février”.

La répression choisie par le “pouvoir réel dans le pays pour faire la “guerre” à ceux qui ne partagent pas ses vues et formulent des issues contraires à ses souhaits ne permettra pas de dépasser la crise profonde que traverse le pays”, indique la Laddh. Cette voie, ajoute la Ligue, va au contraire “aggraver la situation “ et ne permettra de réaliser la “transformation démocratique souhaitée”;

Escalade

Face à ce qu’elle appelle une “escalade”, la LADDH met en garde le “pouvoir réel” contre la propagation des “discours de haine faits d’accusations en trahison et de racisme entre les individus d’un même peuple” ainsi que contre “ l’utilisation médias publics et privés comme fenêtres pour ces dépassements et la haine symbolique qu’ils comportent”. La Ligue rend responsable à cet effet le pouvoir de “tout dérapage qui pourrait  survenir”.

Tout en assurant sa profonde conviction que le dialogue est le mode de solution des crises et de constructions des consensus, la Ligue affirme que le “langage de la force et de la violation des droits de l’homme ne permettront pas de construire un nouvel horizon pour le peuple Algérien” qu’il demande de manière pacifique depuis le 22 février. 

La Ligue exprime sa “ pleine solidarité aux détenus d’opinions et exige leur libération sans condition”