ALGÉRIE
17/06/2019 15h:28 CET | Actualisé 17/06/2019 15h:34 CET

La journaliste américaine Elaine Mokhtefi témoigne dans un livre de sa vie algéroise

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Dans son livre “Alger, capitale de la révolution, de Fanon aux Black Panthers”, la journaliste américaine Elaine Mokhtefi témoigne de sa vie algéroise et ses activités avant et après l’indépendance de l’Algérie jusqu’à son départ forcé en 1974. 

Née Elaine Klein à New York en 1928, dans une famille juive de la classe ouvrière, mariée plus tard à un cadre de l’Armée de libération nationale algérienne devenu écrivain, Mokhtar Mokhtefi (décédé en 2015), la vie de cette militante anticolonialiste est un véritable roman d’aventure. 

Cette femme, qui s’était engagée à “mille pour cent” pour l’indépendance de l’Algérie, a rejoint Alger en octobre 1962 au même moment que les représentants des mouvements révolutionnaires notamment africains.

Après avoir travaillé quelques mois à l’Office national algérien de tourisme, elle fut transférée à la présidence de la jeune République algérienne pour rejoindre le bureau de presse et d’information, sous la responsabilité de Cherif Guellal, qui deviendra six mois après ambassadeur à Washington. Elle témoigne de l’engouement des étrangers, qui ont soutenu la guerre de libération, pour venir en aide à cette Algérie indépendante.

“Je n’étais pas seule, a-t-elle dit. Plusieurs milliers d’étrangers, des partisans de l’Algérie indépendante, étaient arrivés de France, de Tunisie, du Maroc au cours des premiers mois” de l’indépendance. Elle raconte également comment elle a été transférée en 1964 au secrétariat d’Etat au niveau du palais du Gouvernement après la venue d’un nouveau directeur du cabinet présidentiel, mais a préféré rejoindre l’agence Algérie Presse Service (APS) pour travailler au Desk anglais, puis en 1968 elle rejoint la Radio-Télévision algérienne (RTA) où elle dirigeait trois émissions consacrées aux événements nationaux et internationaux.

Son récit est une plongée dans une période du pays, devenu capitale pour les révolutionnaires de tous les pays. Ses mémoires témoignent de l’effervescence des luttes anticoloniales des années 1960, vécues dans l’intimité des grandes figures de l’époque – Ben Bella, Castro, Eldridge Cleaver –, dans une ville qui a gagné avec sa liberté des allures de capitale de la révolution mondiale. Une histoire fascinante, qu’Elaine Mokhtefi raconte avec passion et une conviction intacte.