TUNISIE
26/03/2019 15h:16 CET | Actualisé 26/03/2019 15h:51 CET

La jeunesse tunisienne et son rapport aux médias en chiffres

Une enquête visant à déterminer comment sont perçues la télévision et la radio par les jeunes du monde arabe est parue.

Daniel-Hjalmarson via Getty Images

Commissionné par ShababLive, programme qui soutient la participation active des jeunes du monde arabe dans la société et qui encourage les médias à les inclure davantage dans leurs programmes, et réalisé par le Arab World for Research and Development, une enquête a été menée pour chercher à répondre aux questions suivantes, concernant les jeunes de Tunisie, du Maroc, d’Algérie, du Liban, de Jordanie et de Palestine : 

  • Comment les jeunes femmes et hommes perçoivent-ils généralement les chaînes de télévision et de radio dans leur pays?
  • Comment les jeunes femmes et hommes perçoivent-ils les programmes de télévision et de radio actuellement disponibles dans leur pays?
  • Comment évaluent-ils la présence réelle de voix jeunes dans les programmes de radio et de télévision?
  • Quels sont les thèmes et les formats que les jeunes aimeraient voir davantage dans les programmes de télévision et de radio?

Les chiffres 

L’échantillon tunisien était composé de 49% de femmes et 51% d’hommes, âgés entre 15 et 17 ans pour 23% d’entre eux et entre 18 et 30 ans pour les 77% restants, et issu des régions de Tunis, du grand Tunis, de Kairouan et de Sfax. 

Première constatation, les jeunes tunisiens consomment davantage sur Internet: les plateformes médiatiques les plus consultées sont les sites internets (49%), suivis par les réseaux sociaux (26%), la télévision (26%), la radio (4%) et enfin les journaux papier (2%), et ce, principalement en arabe, pour 66% des jeunes, tous pays confondus.

“Très souvent”, c’est la fréquence à laquelle les jeunes de Tunisie consomment la télévision pour 38% d’entre eux, non loin des 36% qui disent la regarder “rarement”, et des 26% qui la consomment “régulièrement”.

Pour la radio, il est rapporté que 40% l’écoutent “très souvent”, contrairement aux 36% qui ont répondu “rarement”.

Les réseaux sociaux remportent la palme de l’utilisation au sein de la jeune population tunisienne: 96% admettent les utiliser “très souvent” et seulement 4% disent les utiliser “rarement”.

Danita Delimont via Getty Images

Les constats

Les jeunes de tous les pays se sont accordés sur plusieurs points. La jeunesse arabe ne fait en général pas confiance aux radiodiffuseurs nationaux, critique leurs manque de liberté d’expression et elle considère que ces derniers ne cherchent pas à les habiliter. L’échantillon regrette l’absence de contenu qui fasse écho à leurs centres d’intérêt, qui soit de bonne qualité technique et qui traite des minorités marginalisées. 

Les jeunes tunisiens ont spécialement dénoté que les contenus actuellement radiodiffusés sous-estiment leurs capacités et les limitent au divertissement, que les contenus soient vieux et répétitifs et contraires aux valeurs et à l’éthique locale. Ils sont également préoccupés par le fait que les contenus sont concentrés sur la capitale et les zones urbaines, par la faible qualité de production, et par le manque d’innovation et de créativité.

T2 Images via Getty Images

Il est souhaité que les sujets suivants soient traités: le chômage, la santé (mentale et générale), la situation politique, la qualité de l’éducation, la religion et la culture ainsi que les nouvelles technologies.

Ils décrivent leurs programmes favoris comme tel: interactifs, éducatifs, qui sensibilisent mais aussi des documentaires créatifs et innovants. 

Par conséquent, le programme idéal serait: objectif et neutre; proposerait des solutions; serait respectueux des capacités de la jeunesse et les impliquerait; éviterait les programmes humoristiques sans substance; qu’il soit créé et mise en oeuvre par des jeunes; qu’il soit inclusif et respectueux de tous; qu’il suscite la pensée critique; qu’il soit divertissant et axé sur les arts créatifs, les festivals, la mise en avant de talents; drôle mais intelligent; et qu’il soit motivant et dégage une énergie positive. 

Les jeunes tunisiens citent finalement les radiodiffuseurs qu’ils suivent le plus: Nessma, Attessia, Zitouna, El Hiwar Ettounsi (pour le divertissement), Watania 1 et Watania 2 et enfin National Geographic (pour les documentaires).

Sont cités ensuite des exemples positifs de programmes télévisés ou radiophoniques: Shabab Talk (DW), Alabakera (Égypte), Yawmeyat Mowaten (El Hiwar Ettounsi). 

Le rapport permet donc d’avoir une idée plus claire de ce que pense réellement la jeunesse tunisienne sur le paysage audiovisuel qui lui est proposé, et tend à faire entendre explicitement ses aspirations.

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