MAROC
30/07/2018 10h:19 CET

La jeune femme frappée en plein Paris par son harceleur revient sur son agression: "je suis restée droite et digne"

Marie, 22 ans, a partagé sur Internet la vidéo de son agression pour "ne pas rester silencieuse".

HARCÈLEMENT SEXUEL - C’est elle qui a diffusé les images, pour dénoncer son agression. Marie Laguerre, 22 ans, rentre chez elle dans le 19e arrondissement de Paris, ce mardi 24 juillet, lorsqu’elle entend des “bruits à connotation sexuelle” et des commentaires déplacés dans son dos. Fatiguée, elle décide de réagir et lance un “ta gueule”, à son harceleur. L’homme revient vers elle et lui assène un coup sévère au visage, avant de repartir.

“J’ai eu vraiment beaucoup de chance qu’il y ait une vidéo”, estime la jeune femme, interrogée par Franceinfo. Le patron du café près duquel a eu lieu l’agression lui a donné les bandes de la vidéosurveillance (visibles ci-dessus), avant de l’accompagner au commissariat. Ces images permettent “de mettre en lumière le fait que les femmes ne se sentent pas en sécurité dans les rues”, selon la jeune femme. “On se sent emmerdée partout quand on est une femme”.

“J’ai pris le coup avec fierté”

Marie, étudiante en architecture, raconte la scène. Tandis qu’elle rentre chez elle en fin d’après-midi ce mardi, elle croise un homme âgé d’une trentaine d’années qui lui adresse des “grognements” gênants, des bruits dégradants, “des coups de langue à connotation sexuelle”. “C’était pas le premier... ni de la journée, ni de la semaine, ni du mois”, confie-t-elle à BFMTV.

Choquée par cette situation, elle lâche un “ta gueule”, “sans penser qu’il m’entendrait”.

“Mais il m’a entendu, et tout est allé très, très vite. Il a attrapé un cendrier et me l’a jeté, il a vraiment évité ma tête de quelques centimètres. J’étais tellement en rogne, je ne voulais pas m’écraser, pas baisser les yeux. Qu’il ose être en colère, alors que c’est moi qui étais censée être en colère! Je me suis retournée vers lui, et tout est allé extrêmement vite mais à ce moment-là je savais qu’il allait me frapper. J’étais même prête à me battre. Quand le coup est tombé, je l’ai encaissé sans montrer la moindre émotion. Et lui continuait de hurler.”

“J’étais en état de choc”, confie l’étudiante, qui a souffert de contusions à l’arcade sourcilière et à la pommette, lui valant un jour d’ITT (interruption totale de travail). Mais elle redresse la tête. “J’ai pris le coup avec fierté, ça cognait fort dans ma tête mais je suis restée droite et digne du mieux que j’ai pu”, se souvient-elle, interrogée par Le Parisien.

Marie souligne que les gens autour d’elle “se sont levés immédiatement” pour interpeller son agresseur, qui a malgré tout continué son chemin. Après son agression, elle rentre chez elle avant de ressortir pour retrouver les témoins, qui acceptent de témoigner en sa faveur.

La jeune femme dit aujourd’hui être ”à cran”. “Je ne suis pas très à l’aise de marcher dehors”, dit-elle à franceinfo. “Cela reste un traumatisme. Je ne me sens certainement pas en sécurité.” Sa vidéo, publiée sur YouTube, a beaucoup fait réagir. “Moi-même, je ne réalisais pas la gravité de l’agression. Mais j’ai tout de même décider d’en parler pour ne pas rester silencieuse, pour dénoncer ce genre de choses qui arrivent à toutes les femmes”, assure Marie. ”Ça arrive tous les jours, les femmes en parlent. Tant que le phénomène se poursuivra, on n’en parlera jamais assez”, clame-t-elle au Parisien.

Marie a porté plainte. L’homme n’a pour l’heure pas été retrouvé.

Cet article a initialement publié par le HuffPost France.