TUNISIE
20/02/2019 20h:37 CET

La hausse du taux d'intérêt directeur, "une décision difficile mais nécessaire" selon le gouverneur de la Banque Centrale

Cela permettra de faire baisser le taux d'inflation à moins de 7% à la fin de l'année 2019.

Anadolu Agency via Getty Images

Le Gouverneur de la banque centrale de Tunisie (BCT), Marouane Abassi a prévu, mercredi, une baisse du taux d’inflation à moins de 7% à la fin de l’année 2019, soit entre 6,8% et 6,9% et ce après l’augmentation, mardi, du taux directeur de 100 points de base.

Le conseil d’administration (CA) de la BCT a décidé de relever son taux directeur de 100 points de base, le portant ainsi de 6,75% à 7,75% afin de faire face aux pressions inflationnistes qui représentent un risque pour l’économie et une menace pour le pouvoir d’achat, nécessitant une prise de mesures appropriées pour réduire leurs effets négatifs.

Abassi a indiqué, lors d’une conférence de presse, consacrée à la décision du Conseil d’administration de réviser à la hausse le taux d’intérêt directeur, que si cette mesure n’avait pas été prise, le taux d’inflation en Tunisie serait à deux chiffres.

Il est à rappeler que l’augmentation du taux d’intérêt directeur est la troisième consécutive. Ce taux a été augmenté, pour la première fois le 8 mars 2018, de 75 points de base (de 5% à 5,75%), puis le 13 juin 2018 (de 5,75% à 6,75%).

Le gouverneur de la BCT a indiqué que la Tunisie qui devait terminer l’année 2018 avec un taux d’inflation de 8,5%, a réussi à le stabiliser à 7,5% en raison de la décision prise deux fois l’année dernière de revoir à la baisse le taux d’intérêt directeur. Et d’affirmer que la décision d’augmenter ce taux de 1% (100 points de base) “n’est pas une décision facile, mais nécessaire”. Le Conseil d’administration a approuvé, mardi, cette mesure à l’unanimité afin de ramener l’inflation à des niveaux raisonnables, a-t-il encore précisé.

Abassi a, en outre, mis l’accent sur l’indépendance de la BCT, précisant qu’il n’a consulté aucune partie gouvernementale ou professionnelle. “Notre responsabilité est de défendre le pouvoir d’achat du citoyen en évitant d’atteindre des taux d’inflation à deux chiffres”, a-t-il expliqué.

Par ailleurs, le gouverneur de la BCT a exprimé son inquiétude quant à l’aggravation de déficit commercial “devenu structurel” qui a atteint un niveau record (20 milliards de dinars à la fin de 2018), rappelant qu’il a augmenté, en 2018, pour atteindre 11,2% du PIB contre 10,2% en 2017.

Le gouverneur de la BCT a, également, évoqué la chute de la valeur du dinar tunisien lequel a baissé, en 2018, de 12,9% par rapport à l’euro et de 8,6% par rapport au dollar expliquant que cette dépréciation a eu des répercussions directes sur le taux de couverture, outre l’impact sur le taux d’inflation importé.

Évoquant les mesures d’accompagnement qui devraient être prises pour réduire le déficit commercial, il a précisé qu’il est nécessaire de traiter, à court terme, le déséquilibre des circuits de distribution, la contrebande et le monopole qui ont impacté les prix. Il s’agit, également, de maitriser les systèmes de production pour certains secteurs.

Le gouverneur de la BCT a mis l’accent sur la nécessité de renforcer les échanges avec le marché libyen afin de retrouver au moins le niveau d’avant 2011, soit des exportations tunisiennes d’une valeur de 2 milliards de dinars contre 800 millions de dinars actuellement. Il a en outre évoqué la nécessité de retrouver le rythme réel de la production de phosphate.

En conclusion, Abassi a appelé l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) à accélérer l’examen du projet de révision du code de changes qui permettra à la Tunisie de mobiliser des ressources financières en devises.

 

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