TUNISIE
12/07/2018 11h:27 CET

La HAICA met en garde deux radios tunisiennes car elles "mélangent les langues"

Les animateurs et chroniqueurs “utilisent une langue qui repose sur un mélange entre le dialecte tunisien et la langue française”.

La Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) a mis en garde les radios Express Fm et Misk FM car leurs animateurs et chroniqueurs “utilisent une langue qui repose sur un mélange entre le dialecte tunisien et la langue française”.

Selon la haute autorité, cela contrevient à l’article 28 du cahier des charges relatif à l’octroi d’une licence radiophonique mais également l’article 4 de la Convention relative à la création et à la diffusion signées par les deux radios avec la HAICA.

 

Cet article 4 affirme que: “Les programmes doivent être présentés en langue arabe et en dialecte tunisien et peuvent être présentés dans une langue étrangère (principalement en français ou en anglais) à condition que ces programmes ne dépassent pas les 2 heures par jour”.

“Plusieurs de vos journalistes n’appliquent pas les dispositions de l’article 4 de la convention de création et de diffusion d’une chaine radiophonique privée (...) et utilisent une langue basée sur un mélange entre le dialecte tunisien et la langue française” s’adresse l’Instance aux deux radios, ce qui représente selon elle “une contravention au cahier des charges”.

Mettant en garde Express FM et Misk, la HAICA recommande de “ne plus utiliser une langue basée sur le mélange entre le dialecte tunisien et la langue française” et appelle ”à présenter les émissions dans une seule langue claire et précise” que ce soit en arabe, en dialecte ou dans une langue étrangère.

Contactée par le HuffPost Tunisie, la chargée des relations avec les médias à la HAICA explique cette mise en garde. Selon elle, celle-ci repose sur deux niveaux: d’abord au niveau du cahier des charges qui oblige à la “bonne utilisation d’une langue” (”حسن إستعمال اللغة”) ainsi qu’au niveau de la convention qui dispose que la langue doit être claire et précise: “Quand une radio choisit la langue arabe et/ou le dialecte tunisien, ces émissions doivent être dans cette langue. Ensuite, elle peut avoir une ou plusieurs émissions dans une langue étrangère à partir du moment où ça ne dépasse pas les 2 heures par jour”. 

“Quand on parle en arabe et en français, la langue n’est pas claire. Une phrase en arabe suivie d’une phrase en français, ou deux mots en arabes et deux en français et un mot en anglais ne contribuent pas à la clarté et à la précision de la langue” explique-t-elle.

Pour elle, les principes de clarté et de précision de la langue ont été basés sur un ensemble de réflexions: “Bien sûr cela a été pensé au profit des auditeurs mais aussi pour les générations futures, en se posant la question de savoir quelle est notre langue?”.

Cette convention qui dispose ces règles à suivre a été le fruit de concertations avec les médias mais aussi de spécialistes: “Ce sont des experts et des spécialistes en sociologie, en langues, en musique et dans tant d’autres domaines qui ont convenu de ces spécificités” a-t-elle conclu.

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