TUNISIE
15/03/2019 14h:43 CET

La HAICA fustige la décision de justice d'empêcher la diffusion d'un reportage sur le décès de nouveau-nés

C'est dangereux précédent estime la HAICA.

Facebook/HAICA

Le président de la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA), Nouri Lajmi a fustigé, vendredi, la décision du juge d’instruction d’interdire la diffusion d’un reportage de l’émission “Les 4 vérités” et la rediffusion d’une émission de Carthage +, relatifs aux décès des nouveau-nés dans de troubles circonstances à l’hôpital de la Rabta.

“Nous sommes contre la décision prise par le tribunal. C’est à la HAICA de voir s’il y a des dysfonctionnements dans les médias audiovisuels” affirme-t-il.

“Même la constitution dispose qu’il n’y a pas de contrôle a priori des diffusions. Si nous revenons au contrôle a priori, ce serait extrêmement dangereux pour la liberté d’expression et la liberté de la presse” a-t-il fustigé.

Affirmant être contre cette décision, le président de la HAICA appelle le juge d’instruction à revoir sa décision: “Nous appelons toutes les institutions étatiques à respecter la liberté d’expression et la liberté de la presse. La presse à un rôle dans cette société, celui de présenter une information vérifiée aux citoyens. S’il y a des problèmes, des dysfonctionnements, elle doit le montrer. C’est son rôle” a expliqué Nouri Lajmi regrettant un “retour en arrière”.

Le juge d’instruction du dixième bureau du tribunal de première instance de Tunis a rendu jeudi deux décisions interdisant l’émission télévisée “les quatre vérités” sur la chaîne privée Elhiwar Ettounsi portant sur la mort de plusieurs nouveau-nés dans une maternité à Tunis, et la rediffusion du programme “50-50″ de la chaîne privée Carthage+ sur la même affaire.

Une décision jugée ”étranger” par le producteur et l’animateur de l’émission “les 4 vérités” Hamza Belloumi. 

En effet, selon la décision du juge d’instruction, la diffusion du reportage serait contraire aux dispositions de l’article 109 de la Constitution qui interdit toute ingérence dans le fonctionnement de la justice, or comment a-t-il pu savoir qu’il existe une “ingérence dans le fonctionnement de la justice”, si le reportage n’a pas été diffusé?

Par ailleurs, cela vient à l’encontre de l’article 31 de la Constitution qui dispose: “Les libertés d’opinion, de pensée, d’expression, d’information et de publication sont garanties. Ces libertés ne sauraient être soumises à un contrôle préalable”.

Or en interdisant la diffusion du reportage, ce “contrôle préalable” semble avoir été appliqué.

Par ailleurs, et comme rappelé par la HAICA, cette décision vient toucher aux prérogatives de l’Instance puisque, seule, celle-ci est habilitée à réguler le secteur audiovisuel.

Cette décision du juge d’instruction a également été également fustigée par le Syndicat National des Journalistes Tunisiens et le syndicat général de l’information relevant de l’UGTT, qui déplorent le retour de “vieilles pratiques” renvoyant à des “pratiques liés à la période de la dictature”.

 

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