TUNISIE
25/12/2018 15h:30 CET | Actualisé 25/12/2018 15h:31 CET

"La grève générale du 17 janvier marquera un tournant majeur dans l'histoire de la Tunisie" avertit (encore) Taboubi

Une journée qui s'annonce décisive.

Anadolu Agency via Getty Images

“Le 17 janvier 2019 sera une journée décisive” souligne le secrétaire général de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), Noureddine Taboubi, dans une interview accordée au quotidien Al Charaa Al Magharibi, mardi.

Selon lui, la grève du secteur public et de la fonction publique prévue pour le 17 janvier prochain marquera, sans doute, un tournant dans l’histoire du pays. 

“Cette grève sera bien différente de celle du 22 novembre 2018”, martèle-t-il en expliquant que la situation actuelle, profondément nourrie par les frustrations et la nonchalence, va de mal en pis.

Hanté par les remous d’une crise politique, d’une tension sociale et économique, le pays est en train de traverser une sérieuse phase de révoltes et de contestations, avoue Taboubi à demi-mot. “Ils tentent de faire passer cette grève sous silence... mais cela ne passera pas... la Tunisie n’est la propriété ni du gouvernement, ni du Parlement ni du chef de l’État, elle est bien la propriété de tout le peuple tunisien” exprime-t-il sur un ton sévère. 

Pour lui, malgré les prémices d’une nouvelle entente entre la centrale syndicale et le gouvernement, le spectre de la grève générale plane toujours. “Rien ne peut annuler cette grève que la prise en compte de nos revendications” note-t-il. Il a précisé que cette grève reste maintenue si les attentes ne sont pas comblées convenablement.

D’après le responsable de l’UGTT, les agents de la fonction publique n’acceptent plus les miettes. Sombrant dans la précarité, le salarié de la fonction publique peine à satisfaire ses besoins quotidiens. “Aujourd’hui, les fonctionnaires travaillent tout un mois pour recevoir enfin le salaire d’une semaine” regrette-t-il en insistant sur le fait que les salaires de ces derniers sont dérisoires et ne permettent pas de faire face à la flambée des prix. 

Tiraillé entre ses paroles et ses actes, le chef du gouvernement trouve des difficultés à résoudre seul les graves problèmes auxquels fait face le pays. “Nous n’avons pas de problème avec Youssef Chahed ... notre problème est avec l’absence de politiques et de visions stratégiques claires” confie Taboubi. Et d’ajouter: “de quelle démocratie nous parle-t-on au vu de cette chute vertigineuse du pouvoir d’achat? Le Tunisien a cessé de vivre”.

Pour le syndicaliste, janvier prochain sera brûlant tant que “les politiciens et les institutions de l’État n’auront pas retrouvé la raison et n’auront pas fait de concession”. “Il faut arrêter de se renvoyer la balle” lance-t-il. 

Taboubi est également revenu sur l’effervescence sociale qui guette le pays.  “D’où l’État va-t-il assurer ses ressources? Il va aller chercher du côté du peuple! Aujourd’hui, l’État récupère le tiers du salaire des fonctionnaires en impôts. Ces derniers ne touchent donc que les 2/3 de leurs paies, alors que les personnes issues des professions libérales ne paient pas leurs impôts” s’exclame-t-il.

Revenant sur sa récente rencontre avec le président de la République, Taboubi a fait savoir que cette réunion a été tenue à la suite d’une invitation de Caïd Essebsi. Il a dévoilé que cette rencontre avait pour but d’apaiser les tensions et de trouver une issue à la crise actuelle. Il a d’ailleurs proposé au président de la République d’intervenir, dans le cadre de ses prérogatives, auprès du FMI en ce qui concerne le gel des salaires.  

Concernant la large campagne de diabolisation à l’encontre de l’UGTT, Nourredine Taboubi a tenu à préciser que le Chef du gouvernement ne doit pas porter seul le chapeau. 

Dans une déclaration accordée aux médias à l’occasion de la commémoration du huitième anniversaire de la révolution, Taboubi avait affirmé que la centrale syndicale est en train de serrer les rangs pour mener et encadrer ses mouvements de protestation pour le jour J.  

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