MAROC
06/09/2018 18h:19 CET

La Gendarmerie royale annonce l'arrestation de 230 personnes “impliquées dans l’organisation d’opérations d’immigration clandestine”

Climat hypertendu.

Reuters TV / Reuters

MIGRANTS - Au moins 230 personnes, parmi lesquels des Marocains et des Subsahariens “impliqués dans l’organisation d’opérations d’immigration clandestine”, ont été arrêtées depuis le début de l’année et présentées devant la justice. C’est que qu’affirme la Gendarmerie royale dans un communiqué partagée ce jeudi 6 septembre.

Parmi ces arrestations, celle “de deux subsahariens impliqués dans l’organisation d’une opération d’immigration irrégulière” au niveau de la commune Ras El-Ma à Nador. “Ces arrestations interviennent suite aux investigations et recherches menées par les services de la Gendarmerie royale après la mise en échec, mardi, d’une opération d’immigration clandestine de 58 personnes issues de pays subsahariens, à bord d’une embarcation pneumatique au large de la mer au niveau de la commune de Ras El-Ma, relevant de la province de Nador”, poursuit le communiqué.

Le document affirmant également que “l’enquête menée par les services de la Gendarmerie royale sous la supervision du parquet compétent a révélé que les deux mis en cause ont reçu des sommes d’argent en contrepartie de leur acte”.

230 interpelés

Le communiqué ne précise pas quand les deux migrants interpelés à Ras El-Ma ont été arrêtés. La Gendarmerie ne donne pas non plus de détails sur les 230 personnes “impliquées dans l’organisation d’opérations d’immigration clandestine” arrêtés cette année.

“Les grands trafiquants n’ont pas été arrêtés et présentés devant la justice y compris ceux dont nous avons publiés les photos”, relativise l’Association marocaine des droits humains (AMDH), interrogée par le HuffPost Maroc. “Ce sont surtout de petits trafiquants locaux qui interviennent en phase finale de la migration. Il ne s’agit pas des organisateurs qui collectent l’argent et organisent les voyages”, poursuit l’association. 

Pour la militante des droits des migrants Helena Maleno, la loi a souvent tendance à mettre dans le même panier les trafiquants et ceux venant en aide aux migrants. “Il faudra se poser la question: s’agit-il de petits trafiquants ou de personnes qui ont tenté de passer la frontière pour l’Europe, ou de venir en aide à des migrants?”, souligne-t-elle.

“Par exemple, quand il y a des passages de force à Sebta et Melilla, il y a forcément organisation entre les migrants vu qu’ils doivent se concerter entre eux”, continue-t-elle. “Cette situation, on la retrouve aussi en Europe où des personnes sont poursuivies pour avoir donné à manger à des migrants”, explique Helena Maleno au HuffPost Maroc. Elle-même est toujours en attente d’une réponse de la justice marocaine, suite à une enquête de la police espagnole l’accusant de trafic d’êtres humains et d’émigration clandestine. 

Les associations mobilisées

L’annonce de ces arrestations intervient alors que ce mardi 5 septembre, plusieurs associations marocaines, parmi lesquelles l’AMDH, le Gadem, Attac Maroc, le CCSM, l’AIM, ou encore le CMSM, ont dénoncé dans un communiqué une “violation flagrante aux droits basiques des subsahariens”. Elles affirment en effet que des migrants ont été expulsés de leurs campements ou domiciles, avant d’être mis dans des cars avec pour destination le sud du Maroc.

“C’est une situation malheureuse”, se désole Helena Maleno. “Des enfants sont actuellement en train de rater leur rentrée scolaire parce qu’ils ont été expulsés vers le sud”.