ALGÉRIE
09/08/2019 08h:14 CET

La fuite en avant de Khaled Nezzar

RYAD KRAMDI via Getty Images

Après avoir découvert twitter - son premier tweet date du 15 juillet, le général Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense, visé par un mandat d’arrêt international emis par le tribunal militaire de Blida, a jeté son dévolu sur YouTube d’où il a lancé, jeudi, ce qui peut être qualifié juridiquement d’appel à la rébellion contre le commandement de l’armée. 

L’ancien chef de l’armée algérienne, le chef de file des généraux “janviéristes”, qui ont décidé de stopper le processus électoral en janvier 1992, s’est livré à une violente attaque contre le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major. 

 L’ancien ministre de la défense, dont les entreprises en Algérie ont été bloquées la semaine dernière, s’est adressé aux militaires, dans des vidéos en arabe et en français, en les appelant à “agir”.

La plateforme YouTube a été rendue inaccessible en Algérie une demi heure après la diffusion de l’appel à rébellion sur la plateforme. Mais l’accès restait possible avec le VPN.

L’appel du général à la retraite survenant à la veille du 25eme vendredi a suscité des réactions hostiles sur les réseaux sociaux où les appels à la préservation du caractère pacifique des manifestations se sont multipliés. Le souci des Algériens de préserver l’unité de l’armée et d’éviter toute confrontation entre elle et la population s’exprime clairement. 

Le journaliste Nadjib Belhimer a rappelé que “Khaled Nezzar a mis en prison Abdelkader Hachani sous l’accusation d’appel à rébellion contre le commandement de l’armée après la publication d’un communiqué appelant au respect de la volonté du peuple et à refuser le coup d’Etat. Aujourd’hui, il appelle franchement à une rébellion de l’armée contre son commandement. Ceci n’est pas un appel des Algériens, ni une de leurs revendications pacifiques, c’est un règlement de comptes venant de personnes prêtes à détruire le pays pour satisfaire leur désir de vengeance”

Le général Khaled Nezzar est à nouveau passible de l’art 77 du code pénal et qui prévoit la peine de mort. Plusieurs dispositions du code de justice militaire peuvent également être invoquées contre l’ancien ministre de la défense.