ALGÉRIE
16/07/2018 10h:34 CET

La France expulse vers l'Algérie l'islamiste Djamel Beghal

Beghal était favorable à cette option. Il ne craignait plus rien pour son intégrité physique

Archives

Le terroriste franco-algérien Djamel Beghal, considéré comme le mentor de deux des auteurs des attentats de janvier 2015 à Paris, a été expulsé vers son pays natal après sa sortie d’une prison française lundi matin, a appris l’AFP de sources concordantes.

Djamel Beghal, 52 ans, déchu de la nationalité française, avait quitté la prison de Vezin-le-Coquet, dans l’ouest de la France, “vers 05H30 (03h30 GMT, ndlr) en vue d’être reconduit à la frontière” selon une source syndicale, et a décollé peu après 10H30 de l’aéroport parisien de Roissy en direction d’Alger, ont indiqué des sources proches du dossier.

“Il a été libéré ce matin à 5H20, pris en charge par la (police aux frontières). Il a adopté un comportement calme et n’a pas été surpris de l’heure de son départ”, a indiqué l’administration pénitentiaire à l’AFP.

Dans le viseur des autorités françaises depuis le milieu des années 1990, Djamel Beghal a été déclaré expulsable en 2007, deux ans après avoir été condamné à 10 ans de prison pour association de malfaiteurs terroriste.

A Vezin-le-Coquet, en Bretagne, il terminait de purger sa seconde peine de dix ans de prison pour un projet d’évasion en 2010 de Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien du Groupe islamique armé algérien (GIA) condamné à perpétuité pour l’attentat à la station RER Musée d’Orsay en 1995 à Paris.

Les autorités françaises, qui souhaitaient le voir retourner en Algérie, pays qu’il avait quitté à l’âge de 21 ans, discutaient depuis plusieurs semaines avec Alger des conditions de son retour.

Beghal était favorable à cette option. “Il y a 10 ans, nous avions bloqué son expulsion vers l’Algérie en raison du risque de torture encouru. Le climat lui apparaît désormais plus apaisé”, a expliqué à l’AFP son avocat Bérenger Tourné.

Djamel Beghal aura effectué ainsi, près de 17 ans de détention dans les prisons françaises. Il est devenu une référence pour trois générations d’apprentis jihadistes.

Condamné en 2005, il avait reconnu, avant de se rétracter en expliquant avoir été torturé par les enquêteurs émiratis, avoir été mandaté par un proche de Ben Laden pour préparer un attentat contre l’ambassade et un centre culturel américains.

C’est à la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne, qu’il fait la connaissance des futurs auteurs des tueries de Charlie Hebdo - les frères Saïd et Chérif Kouachi - et du magasin Hyper Cacher - Amédy Coulibaly. Selon les enquêteurs, il devient leur “mentor”, respecté pour sa “science religieuse”.

Libéré en 2009, il est assigné à résidence dans le Cantal (centre), en attendant une possible expulsion - à laquelle s’oppose alors la CEDH. Des photos le montrent au côté d’Amédy Coulibaly, venu lui rendre visite. Il est à nouveau arrêté en 2010, et a passé au total une dizaine d’années à l’isolement.

Loading...