ALGÉRIE
18/04/2019 14h:54 CET

La France continue de nier que ses armes tuent au Yémen

Une note du renseignement militaire français datée d’octobre 2018 énumère les armes françaises employées par les Saoudiens et les Emiratis au Yémen : chars Leclerc, obus Flèche, avions de chasse Mirage 2000-9, radars Cobra, blindés Aravis, hélicoptères Cougar et Dauphin, frégates de classe Makkah, corvettes lance-missiles de classe Baynunah et canons Caesar.

MOHAMMED HUWAIS via Getty Images

La ministre de la Défense française, Florence Parly, persiste et signe : les armes vendues par la France à l’Arabie saoudite « ne sont pas utilisées de façon offensive dans la guerre au Yémen », a-t-elle déclaré aujourd’hui sur Radio Classique.


« Je n’ai pas d’éléments de preuve permettant de dire […] que des armes françaises sont à l’origine de victimes civiles au Yémen », a ajouté la ministre comme pour nuancer ce démenti en tenant compte des informations compromettantes sur ce sujet révélées par Disclose et le département investigation de Radio France et s’appuyant sur une note confidentielle du Renseignements militaire français datée d’octobre 2018.


Selon cette note, les armes françaises utilisées par les armées saoudite et émiratie au Yémen comprennent des chars Leclerc, des obus Flèche, des avions de chasse Mirage 2000-9, des radars Cobra, des blindés Aravis, des hélicoptères Cougar et Dauphin, des frégates de classe Makkah, des corvettes lance-missiles de classe Baynunah et des canons Caesar.

 

Démenti sur démenti

Il est difficile, en effet, d’établir avec précision et pour toutes ces armes si elles tuent des civils yéménites ou pas. Cependant, la note du Renseignement militaire français affirme que 48 canons français, déployés le long de la frontière saoudienne avec le Yémen, appuient l’offensive en territoire yéménite des troupes loyalistes. A concéder à Florence Parly que l’action de ces canons ne tue pas de civils - ce qui, du reste, a besoin d’être démontré -, il est difficile de ne pas admettre qu’ils participent à de vraies offensives, ce qu’elle a démenti dans la première partie de sa déclaration à Radio Classique.


La ministre de la Défense française avait pris les mêmes précautions verbales dans un démenti antérieur : fin janvier 2019, elle avait déclaré sur France Inter qu’elle n’avait pas d’informations sur l’utilisation « directe » dans le conflit au Yémen de l’armement français fournie à l’armée saoudienne. En effet, il est difficile de démontrer quelles armes sont « directement » utilisées et quelles autres armes ne le sont pas, la signification d’un tel adverbe restant peu précise.
Pour rappel, la guerre au Yémen a fait quelque 10.000 morts depuis 2015, dont beaucoup de civils. Elle a causé de graves destructions de l’infrastructure et du patrimoine architectural de ce pays, parmi les plus pauvres de a planète.