MAROC
21/05/2018 19h:04 CET

La Fouine, Sean Stone et Patrick Kilpatrick dans le nouveau film de Aziz Tazi

Pour son premier long métrage, Tazi a réuni une sélection éclectique d’acteurs américains et marocains.

Night Walk

CINÉMA - Rien ne le destinait à devenir réalisateur et pourtant, Aziz Tazi vient de boucler le tournage de son deuxième film “Night Walk”. Après 18 jours de tournage entre Los Angeles, Casablanca et Rabat, le jeune réalisateur a enfin pu accomplir son rêve d’enfant. 

Pour son premier long métrage, Tazi a réuni une sélection éclectique d’acteurs américains et marocains. Le premier rôle, Franck, a été attribué à Sean Stone, réalisateur, producteur et acteur newyorkais qui est aussi le fils d’Oliver Stone, le grand réalisateur américain primé trois fois aux Oscars. Sean partagera l’affiche avec Sarah Alami, une actrice américaine d’origine palestinienne qui jouera le rôle de Sara, la bien-aimée de Franck.

Eric Roberts, qui a joué dans “The Dark Knight” (2008), “Suits”, ou encore “Grey’s Anatomy” fait lui aussi partie du casting, ainsi que Richard Tyson, Frederick-James Koch, Louis Mandylor, Ricco Ross, Alston Koch ou encore Patrick Kilpatrick, connu pour interpréter le rôle du méchant dans de nombreux films.

Un rappeur marocain s’invite aussi dans la liste. Le public découvrira le talent caché de La Fouine qui interprétera Ayman, le musulman bienveillant et compagnon de cellule de Frank. Le rappeur avait fait ses débuts en tant qu’acteur dans plusieurs films français comme “Banlieue 13” (2009), À toute épreuve (2014), “Les Nouvelles Aventures d’Aladin” (2015), ou plus récemment dans “Alibi” (2017).

Le casting marocain est quant à lui composé de Abdellah Chicha, Abdelmajid Lakroune, Yassine Benhamida mais aussi d’Ahlam Zaimi que le public a découvert dans la série “Waadi” sur Al Oula.

Bomber, Billionaire, Belly Dancer

“Night Walk” commence sous des airs de comédie romantique et se transforme au fil des scènes en drame criminel. Dans ce film, Aziz Tazi a choisi de raconter l’histoire de Franck, un journaliste américain non-croyant, qui tombe amoureux d’une jeune femme musulmane, Sara. Leur idylle conduit Franck au pays natal de sa bien-aimée pour la demander en mariage. Une fois sur place, une altercation avec la police locale dégénère et Sara finit par être abattue. Piégé par les autorités, Franck se retrouve en prison aux États-Unis, où “il commence une quête de justice qui se transforme en un voyage spirituel guidé par des détenus musulmans”, comme l’explique le réalisateur. 

Sean Stone qui joue le rôle de Franck s’est d’ailleurs lui même converti à l’islam après un voyage en Iran effectué en 2012.

“Night Walk” est donc loin d’être une simple histoire d’amour. À travers son film, le réalisateur veut lutter contre les stéréotypes associés aux musulmans dans la société américaine causés par leur représentation dans les médias.

″À chaque fois qu’il y a un personnage musulman ou arabe dans un film, il fait souvent partie des “3 B”: Bomber, ou un terroriste, Billionaire, un cheikh saoudien plein aux as, ou une Belly Dancer, une danseuse du ventre”, regrette Aziz Tazi, interrogé par le HuffPost Maroc. “Ce qui fait qu’aujourd’hui, plus de 60% des Américains voient les musulmans comme une menace, alors qu’un Américain sur trois n’a jamais parlé à un musulman”, signale le réalisateur.

Home sweet home

Bien qu’il ait poursuivi des études d’ingénieur, sa passion du cinéma ne l’a jamais quitté. La sélection de son court-métrage “Imago” (2013) au festival du cinéma arabe à Los Angeles l’a encouragé à faire de la réalisation son métier à plein temps. Le jeune Marocain s’installe alors à L.A. où il rencontre plusieurs personnes du milieu qui lui ont permis de se lancer en 2015 dans l’aventure “Night Walk”. Mais il a fallu attendre 2018 pour que Aziz Tazi puisse réunir la bonne équipe, composée essentiellement de jeunes marocains.

Night Walk

“J’ai trouvé beaucoup plus de facilités à filmer au Maroc, admet Tazi. “J’ai donc préféré m’entourer de mes compatriotes pour ce film et j’espère faire de même pour de futurs projets”, déclare le réalisateur.

Une expérience réussie que le producteur du film compte, lui aussi, réitérer pour de prochaines productions. “Nous avons pu construire pour ‘Night Walk’ une équipe de production 100% marocaine, des chefs de pos, aux techniciens, en passant par les accesoiristes...”, assure Mustapha Mellouk, directeur de la société de production du film et président de Casablanca Media Partners. 

Grâce à ce long-métrage mais aussi à la taxe incentive introduite au Maroc en janvier dernier, qui s’élève à 20% de remboursement par l’État, Mellouk compte établir un business plan à présenter aux investisseurs pour de futurs projets et attirer les productions américaines au Maroc.

“On peut faire la promotion de son pays avec du cinéma. Un beau film vend beaucoup plus que toutes les campagnes publicitaires”, assure le producteur.