TUNISIE
10/07/2019 16h:24 CET

Contrairement à une idée reçue, la forte fécondité française n'est pas le fait des femmes immigrées selon cette étude

Trois chercheurs se sont penchés sur les statistiques pour apporter une réponse à une idée reçue tenace.

AlexLMX via Getty Images

SOCIÉTÉ - En 2017, en France, le taux de fécondité par femme était de 1,9 enfant. Un chiffre proche du seuil de remplacement des générations et qui la met sur la première place du podium devant les autres pays européens, la moyenne y étant de 1,59 enfant par femme.

Est-ce le fait des seules femmes françaises? Ou faut-il y voir un lien avec l’idée selon laquelle les femmes immigrées font grimper ce taux? Trois chercheurs, Sabrina Volant, Gilles Pison et François Héran ont voulu répondre à cette question pour démonter cette “hantise”, celle d’un “rapport de force numérique entre les natifs de France et les immigrés qui mettraient en péril l’identité nationale”. Leurs conclusions sont dévoilées ce 10 juillet dans la revue Population & Sociétés

19% des naissances en France

“Le résultat peut surprendre”, préviennent les trois chercheurs avant d’expliquer: “l’immigration contribue fortement aux naissances mais faiblement au taux de fécondité”. Selon leurs calculs, l’apport des femmes immigrées au taux de fécondité de la France s’élève à 0,1 enfant. Si elles contribuent à 19% des naissances sur le territoire français, elles ne représentent que 12% des femmes en âge d’avoir un enfant. Mathématiquement, même si elles ont en moyenne plus d’enfants que les femmes natives, elles sont trop peu nombreuses pour influer de manière importante sur le taux de fertilité.

Pour rappel, en France, les statistiques ethniques ne sont pas complètement interdites mais elles sont fortement contrôlées. Il existe précisément une interdiction de principe et une liste d’exceptions clairement définies, parmi lesquelles les grandes enquêtes régulières de l’Ined. Selon cet institut, les femmes immigrées sont des femmes étrangères et qui sont nées à l’étranger. Cette définition s’appuie sur celle des Nations unies. 

Les auteurs de cette étude rappellent que les femmes immigrées ont en moyenne 2,6 enfants par femme contre 1,8 pour les femmes natives. Ce sont les femmes originaires des pays du Maghreb qui ont le taux de fertilité le plus élevé avec en moyenne 3,5 enfants par femme, suivies des femmes nées en Afrique subsaharienne et en Turquie, un taux qui “avoisine” trois enfants par femme. Les femmes nées en Europe ou dans les autres régions du monde ont en moyenne 2 enfants.

Les raisons de ce taux de fécondité sont donc à chercher ailleurs, du côté des femmes natives. Pour l’expliquer, les trois chercheurs évoquent “les effets d’une politique de soutien à la famille pratiquée avec constance par la France depuis soixante-quinze ans et dans un large consensus”. 

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