MAROC
09/08/2018 17h:27 CET

Accident: La fille du président de la région Marrakech-Safi poursuivie en justice

Elle conduisait sans permis une voiture de fonction.

Kwangmoozaa via Getty Images

FAIT-DIVERS - Il n’a pas fait de dégâts humains, mais a suscité le tollé. L’accident survenu, il y a une semaine, au boulevard Abderrahim Bouabid à Hay Ryad à Rabat a retenu l’intérêt parce qu’il concernait une voiture de service dont la conductrice, Kenza Akhchichine, n’est autre que la fille du président de la région Marrakech-Safi et ancien ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, Ahmed Akhchichine. Ce leader du PAM s’est retrouvé au coeur d’une tempête médiatique et sur les réseaux sociaux dénonçant “un acte irresponsable” et un laisser-aller dont profite “une progéniture gâtée” grâce à “un papa” qui sert de bouclier contre tout.

L’accident dû à une perte de contrôle de la voiture de type 4x4 a, toutefois, fait l’objet d’une enquête du parquet de Rabat. Et pour cause, Kenza Akhchichine, 18 ans, conduisait sans permis et elle a percuté un poteau, donc un bien public, qu’elle a sérieusement endommagé. Deux motifs suffisants pour engager des poursuites judiciaires. Inculpation officielle, d’après nos confrères à Al Yaoum 24 qui indiquent que ce jeudi, le parquet de Rabat a bien décidé de poursuivre la conductrice en état de liberté provisoire pour les deux motifs. 

Dans le code de la route, la conduite d’un véhicule sans permis de conduire est un délit puni d’une amende de 2.000 à 4.000 dirhams, ainsi que de la privation de la délivrance du permis de conduire pour une durée maximum de 3 mois. Et en cas de récidive, le code prévoit des sanctions plus fermes avec une amende allant de 8.000 à 20.000 dirhams avec privation de délivrance de permis de conduire de 6 mois.

Ce que cela va coûter au président de la région? Toujours d’après nos confrères du site d’information Al Yaoum 24, le PAM déclare son refus qu’une voiture de fonction soit utilisée à d’autres fins que celles de son utilité. Citant Larbi Mahrachi, membre du bureau politique et président de l’organisation nationale des élus du PAM, le parti a qualifié le comportement de son leader d’“erreur inadmissible”.

La société civile, elle, n’a pas tardé à se faire entendre. L’Instance nationale pour la protection des biens publics au Maroc (INPBPM) a ainsi adressé au wali de la région, par la voie de son représentant régional, une “plainte pour mauvaise gestion de deniers publics”. Dans celle-ci, il dénonce l’utilisation d’un véhicule utilitaire “supposé être au parc automobile de la région Marrakech-Safi” et demande l’ouverture d’une enquête administrative afin de prendre des mesures à l’encontre de cet acte.

L’affaire Kenza Akhchichine, que l’accident a tristement sortie de l’anonymat, rappelle un autre accident survenu il y a plus d’un an, celui de Hamza Derham. Le jeune marocain roulant à toute vitesse en Ferrari, fils du défunt Mohamed Derham, ancien directeur général d’Atlas Sahara, filiale du groupe Derham et acteur majeur de l’industrie pétrolière au Maroc, a été libéré le 5 juin dernier. Il venait de passer un an et 14 jours à la prison locale de Salé pour conduite en état d’ébriété et falsification et défaut d’assurance auto alors qu’il avait été acquitté de l’accusation de falsification de documents du PV. Une vidéo de lui défiant l’agent de la police en l’appelant “monsieur le constateur” avait indigné les internautes.