ALGÉRIE
24/01/2019 16h:24 CET | Actualisé 24/01/2019 16h:25 CET

L'Algérienne qui accuse Chris Brown de viol raconte son "cauchemar"

Le HuffPost

Au lendemain de la libération du chanteur et rappeur américain Chris Brown, mardi 22 janvier 2019 après avoir été mis en garde à vue pour soupçons de “viol aggravé” et “infractions à la législation sur les stupéfiants”, la victime, une jeune femme algérienne, s’est confiée dans un entretien accordé au journal Le Parisien. Surnommée “Karima”, elle a maintenu mercredi sa version des faits et raconté son “cauchemar”. 

La jeune femme de 24 ans qui accuse Chris Brown de l’avoir violée dans la nuit du 15 au 16 janvier, une Algérienne qui s’est installée en France pour poursuivre ses études selon la même source, s’est dite ”épuisée moralement et physiquement”. 

Elle a déclaré qu’elle “ne voulait pas que cette procédure (contre le rappeur américain) soit connue”. Son avocat a affirmé au même journal que “ce qu’elle vit aujourd’hui est d’une extrême violence. Elle est doublement victime. Quarante-huit heures après avoir déposé plainte, son identité est connue de beaucoup. C’est effrayant”.

Après avoir refusé de s’exprimer, en accord avec son avocat, sur la remise en liberté du chanteur, elle a affirmé que “ce qu’elle vit est terrible”. “Depuis deux jours, des gens viennent sonner à ma porte. Si je vous parle aujourd’hui, c’est parce que Closer a fait état de ma plainte, alors que je ne voulais pour rien au monde qu’elle soit rendue publique. Mais depuis que j’ai fait cette démarche, cela n’arrête pas. Je suis traînée dans la boue sur les réseaux sociaux. Il y a même une photo de moi, prise par la police lors de mon audition, qui circule sur les réseaux sociaux, avec des insultes. L’un des membres de l’entourage de Chris Brown me l’a envoyée dès lundi après-midi”.

Un “mode opératoire rodé”

Affirmant recevoir des dizaines d’appels menaçants de la part de l’entourage du chanteur, elle a réaffirmé les accusations de viols à son encontre. “J’ai vécu un cauchemar. Et le pire, c’est que j’ai le sentiment d’être tombée dans un piège, d’avoir été victime d’un système, qui fonctionne avec un mode opératoire bien rodé”, affirme-t-elle.

Elle a ainsi raconté avoir rencontré un barman, qui lui a proposé de passer une soirée avec cette star. “Je savais qui il était, mais sans plus. Je ne suis même pas fan de sa musique. Le rendez-vous a été donné au Mandarin, le palace où il logeait. À mon arrivée, il y avait de nombreuses filles dans le hall. Avec quelques-unes, nous avons été invitées à monter dans sa suite, où l’artiste se préparait”, raconte-t-elle. 

A la fin de la soirée à 3H du matin , qui s’est déroulée dans une discothèque en compagnie des mêmes filles,” trois vans noirs sont venus nous chercher. Les deux premiers étaient pleins, ce qui m’arrangeait car je voulais rentrer. On m’a dit de prendre place dans le troisième van, au côté du chanteur, et nous sommes retournés au Mandarin”, poursuit-t-elle.

“L’ambiance s’est vite dégradée. Il y avait de la fumée de cannabis partout. De le musique sur laquelle personne ne dansait. Et tout le monde prenait de la cocaïne. Chris Brown particulièrement, qui s’est mis à parler tout seul, et à arpenter nerveusement la suite, faisant des allers-retours vers la terrasse. J’ai décidé de partir, et d’aller aux toilettes avant”.

Selon les propos de cette étudiante, c’est là que les faits que les faits qu’elle dénonce se sont produits. “Oui. Il m’a attrapée violemment par le bras, mon bras droit, sur lequel j’avais des bleus, comme la police l’a constaté. Il m’a poussée dans un dressing et m’a violée. Ensuite, j’ai voulu m’enfuir, mais je n’avais pas mon téléphone. Ils nous avaient été confisqués. Sauf qu’ils n’étaient plus dans la suite. J’ai demandé au garde du corps de me le rendre. Il m’a dit qu’ils étaient dans sa chambre. Nous sommes descendus au sixième étage et, là, ça a recommencé. De même qu’avec un autre proche de Chris Brown, encore une fois dans la chambre de ce dernier au sixième”. 

“Je veux la justice”

Celle que Le Parisien surnomme Karima, estimant qu’à la base, “ce devait être une belle soirée avec un artiste célèbre” et que “tout le monde aurait accepté”, rejette les accusations d’escorting.

“Ce monde, cette drogue, ces gens, ce n’est pas mon monde. Je suis venue en France pour mes études (NDLR : la jeune femme est originaire d’Algérie). J’ai obtenu deux licences de langues et j’ai démarré en septembre des cours de théâtre dans une école prestigieuse. Oui, je fais des photos comme modèle, mais c’est tout. Ceux qui me connaissent savent que je n’ai rien à voir avec ce type de milieu…”, révèle-t-elle.

“Aujourd’hui, j’ai honte de devoir parler. Ma vie est bouleversée. Je suis épuisée, sous tranquillisants (...) Mais si je fais ça, c’est pour que personne d’autre ne vive ce que j’ai vécu”, a-t-elle affirmé, rejetant les accusations selon lesquelles la “jeune femme fait ça pour de l’argent”.

“Jamais. À aucun moment. Je veux la justice. Comment l’imaginer, quand vous voyez la difficulté que j’ai eu à pousser la porte du commissariat. On m’a proposé un rendez-vous avec une psychologue… en avril ! Mais j’ai aussi été examinée par un médecin. Et je sais qu’au final, la justice reconnaîtra que ce que j’ai dit est vrai”, a-t-elle conclu. 

La carrière du rappeur américain a déjà été entachée de violences contre des femmes, notamment en 2009 lorsqu’il a battu la chanteuse Rihanna, alors sa petite amie. Il ne s’agissait pas de sa première victime.