TUNISIE
06/02/2019 16h:17 CET | Actualisé 06/02/2019 16h:18 CET

"La Favorite": Emma Stone se livre au HuffPost

Emma Stone nous parle aussi du rapport "épineux et compliqué" à la sexualité qui est au cœur de ce film salué par la critique.

Le HuffPost

CINÉMA - Emma Stone ne sait toujours pas si elle doit rire ou pleurer en découvrant “La Favorite” sur grand écran. Le nouveau film du réalisateur grec Yorgos Lanthimos sort en salle ce 6 février et la comédienne s’est entretenue avec le HuffPost.

“Tout me plaisait dans ce projet”, raconte l’actrice oscarisée à propos de ce film dans lequel elle donne la réplique à Rachel Weisz et Olivia Colman. “C’est incroyable de proposer tant de niveaux d’interprétation. Le film a quelque chose de très authentique même si les événements et le langage employé sont en décalage avec l’époque à laquelle il se déroule.”

En termes de critères hollywoodiens, “La Favorite” n’entre dans aucune case. Adaptation libre d’événements s’étant réellement déroulés, le film de Yorgos Lanthimos (Prix du jury à Cannes pour “The Lobster” en 2015) est à la fois un drame d’époque et une comédie noire qui explore le rapport antagoniste entre Abigail Masham (Emma Stone) et Sarah Churchill (Rachel Weisz), toutes deux affairées à satisfaire la Reine Anne (Olivia Colman) dans l’Angleterre du XVIIIe siècle. Il propose aussi une lecture queer, Sarah et Abigail répondant aux désirs sexuels de cette souveraine mal en point pour prendre du galon à la cour.

Emma Stone nous a parlé du film, de la sexualité ”épineuse et compliquée” de son personnage et de la raison pour laquelle elle n’est pas parvenue à garder son sérieux lors d’une des scènes les plus sexy et provocantes.

 

HuffPost: Qu’est-ce qui vous a donné envie de tourner ce film?

Emma Stone: Le scénario, le personnage, le réalisateur, le casting... Tout, en somme. J’ai trouvé le scénario incroyablement drôle, très riche, et les trois personnages féminins, joliment écrits. J’avais très envie de travailler avec Yorgos Lanthimos, que je considère comme un visionnaire. Il a une façon très personnelle de raconter une histoire et je savais que ce film – aussi génial soit-il sur le papier – serait mille fois plus intéressant encore sous sa direction.

 

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TWENTIETH CENTURY FOX
“C’est une battante”, dit Emma Stone à propos d’Abigail Hill, son personnage dans “La Favorite”.

 

Qui est Abigail Hill?
C’est une battante. Elle a vécu des choses horribles, sa vie a été parcourue d’expériences difficiles. Elle arrive au palais parce qu’elle a besoin de se sentir en sécurité, notamment. En tout cas, ce qui la définit à mes yeux, c’est son envie farouche de survivre.

Le film dépeint un triangle amoureux entre Rachel Weisz, Olivia Coleman et vous. Que diriez-vous de votre travail ensemble?
Ce sont des femmes fantastiques. Rachel est géniale, c’est quelqu’un d’extrêmement intelligent, de très attentionné et d’intéressant. Olivia est un véritable chamallow: chaleureuse, bonne pâte, aimante. C’est vraiment une crème. Je crois que ça se sent même dans son jeu parce qu’elle n’a pas une once de cynisme en elle. Elle exprime tout ce qu’elle ressent de façon incroyable. J’aimerais lui ressembler. Ce sont deux femmes très spéciales.

Est-ce qu’Abigail se voit comme ce qu’on appellerait aujourd’hui bisexuelle? Comment percevez-vous sa sexualité?
Je crois que sa sexualité est en sourdine à cause des choses qui lui sont arrivées. Je ne dis pas qu’elle est asexuelle ou qu’elle n’est pas bisexuelle; c’est juste que sa sexualité est tellement secondaire par rapport à son ascension qu’il m’est difficile de lui donner un véritable sens. Elle a connu de nombreux traumatismes et on l’a traitée de manière atroce; il est donc difficile de savoir ce qu’elle ressent à ce sujet. Je crois qu’elle éprouve réellement de l’amour et de l’empathie vis-à-vis de la reine. Pour ce qui est de l’attirance ou de leur sexualité, c’est un sujet épineux et compliqué à explorer parce qu’elle a énormément de besoins.

 

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De sa partenaire à l’écran Olivia Colman (à droite), Emma Stone dit qu’elle “est un véritable chamallow: chaleureuse, bonne pâte, aimante. C’est vraiment une crème”.

 

Vous avez dit avoir du mal à garder votre sérieux. Quelles sont les scènes où vous n’avez pas pu vous empêcher de rire?


Malgré tout mon amour pour Olivia, je dois dire qu’elle est responsable de l’anecdote que je vais vous raconter. Pour la scène où je masturbe la reine, on a dû placer une éponge entre ses jambes afin de créer du mouvement. On n’arrêtait pas de rire parce que je masturbais une éponge et qu’Olivia faisait des bruits en même temps. C’est un gros plan sur mon visage et on ne voit pas le sien à l’écran. On ne pouvait pas s’empêcher d’éclater de rire. Cette éponge était tellement ridicule! Ce n’était vraiment pas évident.

La façon très drôle dont votre personnage exerce son pouvoir sur les hommes dans le film vous donne-t-elle envie de jouer dans une comédie loufoque?
Mais oui, tellement! J’ai toujours eu envie de tourner une comédie loufoque, de la jouer un peu Katharine Hepburn. De toute façon, du moment qu’il y a un bon rôle féminin, ça m’intéresse.

Quel a été votre plus grand défi pour ce rôle?
Ça a été une expérience extrêmement intéressante. Je n’ai pas eu à sourire ou à charmer. Je le fais à certains moments du film mais dans un but précis. Ça a été plus palpitant que difficile car le rôle regroupe beaucoup de facettes de la nature humaine. Les spectateurs ne parviendront peut-être pas à s’identifier à Abigail au vu de ses choix, mais ça m’a donné l’occasion d’explorer un large spectre d’émotions, ce que j’ai trouvé fascinant.

Cette interview a été retravaillée par souci de clarté et de concision.
Cet article, publié sur Le HuffPost américain, a été traduit par Laura Pertuy pour Fast ForWord.

 

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