ALGÉRIE
25/03/2018 16h:44 CET | Actualisé 26/03/2018 15h:39 CET

La durabilité mise en avant à l’exposition "quand le design italien rencontre le design Algérie"

L'exposition "quand le design italien rencontre le design algérien" se poursuit jusqu'au 14 avril au Mama d'Alger.

HuffPost Algerie
Oeuvre de la designer Feriel Gasmi Issiakhem,Jamel Matari, Marseglia et Ciampoli.

Exprimer la durabilité à travers le design est le défi “brillamment” relevé par les designers algériens lors de la seconde édition de l’exposition “Quand le design italien rencontre le design algérien”. Celle-ci se poursuit jusqu’au 14 avril au musée d’art moderne et contemporain d’Alger, elle montre des objets de design inédits, qui font appel aux valeurs anthropologiques et séculaires.

À l’instar des 100 autres pays, l’Algérie a célébré cette année encore la journée internationale du design Italien. En plus de l’exposition au Mama qui a réuni des designers italiens et algériens, plusieurs conférences sur différentes thématiques ont enrichi cette manifestation d’envergure.

En Algérie la journée internationale du design italien a été organisée par l’ambassade d’Italie et l’institut culturel italien en collaboration avec le ministère de la culture, le Mama et l’école supérieure des beaux-arts d’Alger.

Quant au commissariat de l’évènement il a été cette année encore confié à la designer d’espaces et d’objets Feriel Gasmi Issiakhem.

Rencontré sur les lieux de l’exposition, Mme Gasmi Issiakem informe que la célébration à travers le monde de cette journée a pour objectif de faire la promotion du design Italien. Seulement à Alger les designers locaux sont également conviés à participer à cette rencontre. Une idée qu’elle a elle-même suggérée aux organisateurs, et qui a été bien accueillie.

La particularité de cette nouvelle édition de la journée internationale du design italien est la thématique engagée qui est la durabilité. Le challenge imposé est de réaliser des objets qui questionnent sur le rôle de l’être humain sur terre.

“Il ne faut pas se méprendre quant à la notion de durabilité dans le design. Une personne non avertie va lier systématiquement le thème à l’écologie et la protection de l’environnement. Il s’agit là du schéma global, seulement pour intégrer la notion de durabilité dans le design, le designer a pour mission de défier les questions environnementales et énergétiques en réhabilitant la matière (récupération, transformation) en opposition à l’utilisation de la matière première, de contribuer à la pérennité des tissus ruraux de sa région en redynamisant le secteur artisanal et renforcer son identité et en veillant à la bonne pratique industrielle éco-responsable pour la réalisation d’un design utile”, souligne Feriel.

Pour intégrer donc la notion de durabilité dans le design, les designers participant à l’exposition “quand le design italien rencontre le design algérien” se devaient de dépasser la notion esthétique et fonctionnelle dans la réalisation de leurs œuvres. Celle-ci devait être un vecteur de transmission par rapport à la société.

Zoom sur les designers locaux

En visitant l’espace d’exposition, on découvre une diversité d’objets de design, réalisé par des designers locaux professionnels et d’autres fraîchement diplômés qui exposent pour la première fois dans un espace muséal.

Mme Gasmi Issiakhem avoue d’emblée que la nouvelle génération de designers s’est distingué lors de cette exposition. “J’ai des coups de cœur dans cette exposition qui sont impulsés par la pertinence du message véhiculé et le respect de la thématique. Il y a eu un souci de perfection abouti de la part de cette jeune génération de désigner qu’il faut mettre en avant”, souligne-elle encore.

Elle attire l’attention sur le travail d’une jeune architecte, Zohor Krach, intitulé “Black Forest”. Elle évoque à travers une chaise, le problème des feux de forêts causé par les ordures laissés sur ces lieux naturels. De manière intelligente, elle a ramassé ces détritus, elle les a fondus de manière artisanale et manuelle et a fait un dossier et une assise. Sur le dossier elle incruste le charbon et dessine un arbre.

 

Jamel Matari
Oeuvre de Zohor Krache.

 

Il y a aussi la designer Yasmine Sendid, sortie il y a à peine une année de l’École nationale des beaux-arts d’Alger. Elle offre un tabouret exceptionnel selon Feriel. “C’est une belle structure triangulaire, à base de carton ondulé, sur laquelle la designer a récupéré de vieux sacs de pommes de terre en tulle et a fait des broderies pour donner le côté poétique à l’objet. Le souci du détail réside dans le confort offert avec cette pouffe en carton.”, Mme Gasmi Issiakhem.

 

Jamel Matari
Oeuvre de Yasmine Sendid

 

Dans la description de son tabouret, Yasmine Sendid, dit qu’elle tisse un lien avec l’éco-design et la création artisanale.

Amina Laoubi sortie de l’École des beaux-arts, il y a deux ans à démontrer avec son œuvre qu’elle maîtrise les matières qu’elle utilise. La particularité de sa chaise est le dossier à base de cordes tissées. “Amina a elle-même tissée le dossier de sa chaise, et les couleurs données sont réalisé à base de produits naturels notamment la pierre d’alun, oignon, betterave, safran fleurs d’hibiscus, pour obtenir des teintures de différentes couleurs”, précise Feriel Gasmi Issiakhem.

 

Jamel Matari
Oeuvre de Amina Laoubi.

 

 

D’autres objets évoquant différentes sensibilités ont incarné la notion de durabilité. Mme Gasmi Issiakhem salue le souci du détail avec lequel les designers ont répondu à cette thématique.

“Pour cette exposition, les designers algériens ont démontré encore une fois, leur farouche volonté de surpasser les entraves. Totalement engage, ont montré des œuvres inédites réalisées spécialement pour cette monstration, au cours des mois de janvier- février 2018. Plusieurs expressions ont été présentées (mobilier, objets, luminaires, tissages, bijoux…) ce qui a confirmé la parfaite maîtrise des différents champs d’action des designers en usant de matières écologiques, bien assimilées (Carton, pet, plastique recyclé, terre cuite, Kaolin, sciure de bois, cuivre, métal oxydé, laines, paille, Algues) associé à une parfaite connaissance des technique et liants d’assemblage ancestrales appliquées aux formes novatrices de leurs œuvres”, la commissaire de l’exposition.