MAROC
16/04/2019 11h:59 CET | Actualisé 20/04/2019 14h:38 CET

La dissolution de l'association Racines confirmée par la justice

Racines obligée de fermer ses portes.

Facebook/Racines

RACINES - Le couperet est tombé. Après plusieurs mois de bataille judiciaire, c’est désormais officiel, l’association Racines doit fermer ses portes. Ce mardi 16 avril, le pourvoi en appel a en effet été rejeté par la cour d’appel civile de Casablanca, qui a choisi de confirmer la décision du Tribunal de première instance de Casablanca daté du 26 décembre 2018.

“Il n y a plus de doute, il n’y pas de place à l’auto-évaluation et à la liberté d’expression au Maroc”, se désole Aadel Essaadani, Coordinateur de l’association Racines, interrogé par le HuffPost Maroc. Si ce dernier affirme que l’association ira en cassation, même une victoire ne sauverait toujours pas Racines: “la décision en appel est exutoire, du coup nous sommes obligés de fermer boutique. Même si on remporte le procès en cassation, ce serait purement symbolique”.

Selon lui, les autorités publiques veulent “donner l’exemple” avec ce jugement. “Hier c’était des journalistes et aujourd’hui une association. L’administration va à l’encontre des discours royaux et des conventions pour la liberté d’expression ratifiés par le Maroc”, estime-t-il.

“Il suffit d’un fonctionnaire pour stopper le travail d’une association. Même une association bien établie au Maroc a un récépissé provisoire, on les remercie pour cet éclaircissement”, ironise-t-il. L’association Racines dit avoir “une idée” pour continuer son action culturelle, mais sans donner plus de précisions.

En décembre dernier, la justice marocaine ordonnait la dissolution de l’association Racines. Un verdict prononcé pour sanctionner la diffusion, en trois parties, en août 2018, d’un épisode de l’émission “Un dîner 2 cons”, intitulé “L’épopée des nihilistes”traitant notamment des condamnations prononcées à l’issue du “procès du Hirak” et du discours royal, et enregistré dans les locaux de l’association.

Racines avait alors obtenu le soutien d’Amnesty International, de nombreux internautes et de grands noms du monde de la culture.