MAROC
19/04/2019 15h:48 CET

La DGAPR affirme que le transfert des détenus du Hirak a fait suite à leur demande

En réaction à la contestation des détenus et de leurs familles

FADEL SENNA via Getty Images

DÉMENTI - Dans deux jours, les familles des détenus du Hirak se retrouveront à Rabat pour une marche. Elles l’ont décrétée en contestation, entre autres, du transfert des détenus de Oukacha vers d’autres prisons réparties sur différentes villes. La Délégation générale de l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) s’étonne de ce refus dans un communiqué qu’elle a publié ce vendredi. Elle y précise que “le transfert a toujours été une revendication des pensionnaires concernés et de leurs familles” et qu’il “prend compte de leurs conditions sociales et familiales”. 

Quant au choix des prisons, il s’est effectué sur la base des durées que les détenus devront purger conformément au verdict émis en appel. Il est question, pour la DGAPR, d’un transfert suivant la classification des prisons et leur proximité du lieu de résidence des familles qui s’est effectué à Nador, Fès (Ras El ma), Tanger (Tanger 2) et Al Hoceima. 

Et, en réponse à la défense des détenus, dont le coordinateur, l’avocat Mohamed Aghnaj, avait estimé que “la direction de la prison ne devait pas procéder au transfert d’un détenu provisoire au cours de la durée de l’interjection judiciaire”, la DGAPR tient à préciser que cette opération “n’est pas contraire à la loi et n’empêche pas les concernés de poursuivre leur démarche d’un pourvoi en cassation”.  

La délégation de Mohamed Saleh Tamek ajoute que ces détenus jouissent, à l’instar des autres, des mêmes conditions et “droits à la nourriture, l’assistance médicale, la balade, l’éclairage et l’aération sans discrimination ou traitement de faveur”. Et de souligner que ces détenus “reçoivent la visite de leurs familles dans des conditions normales et conformes à la loi”.    

Quant à leur état de santé qualifié par leurs familles de “lamentable”, la DGAPR assure que cela “n’a aucun lien avec leurs conditions de détention comme le laissent croire certaines parties”. Bien que la délégation confirme que certains détenus sont en grève de la faim, elle assure que ces derniers “bénéficient d’un suivi médical au sein des établissements pénitenciers ou dans des hôpitaux externes”. “Les autorités judiciaires ont été averties et ont effectué des visites dans les prisons concernées ainsi que les comités régionaux des droits de l’homme”, affirme-t-elle.

A travers leur association “Thafra lil Wafae wa Attadamoun” (“La paix pour la loyauté et la solidarité”), les familles des détenus avaient déclaré que leur marche du dimanche 21 avril sera un appel à ce que leurs fils soient traités “humainement” et que le compromis entre la DGAPR et le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) soit maintenu après le transfert. Ce compromis mettait à leur disposition un autocar qui les conduisait à Oukacha chaque mercredi, jour de la visite des détenus avec lesquels elles pouvaient également parler plus longtemps au téléphone. Ces droits n’ont pas été maintenus. La DGAPR y fait allusion implicitement dans son communiqué en assurant que les détenus sont traités comme les autres. 

Les familles appellent “les militants des droits de l’homme, les forces politiques à se joindre à cette marche en soutien aux détenus du Hirak et pour leur libération”. 

Pour rappel, des peines allant de 20 ans de prison ferme à un an de prison avec sursis avaient été prononcées, le 26 juin 2018, puis confirmés en appel le 5 avril. Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik, Ouassim Boustati et Samir Ighid purgent une peine de 20 ans de prison ferme. Trois autres accusés sont, eux, condamnés à une peine de 15 ans de prison ferme et six à 10 ans de prison ferme. 14 autres détenus sont condamnés, pour 7 d’entre eux, à 5 ans de prison ferme et pour les 7 autres à 3 ans de prison ferme. 12 des détenus ont, par ailleurs, écopé de 2 ans de prison ferme et un seul accusé à un an de prison avec sursis.