MAROC
29/05/2019 17h:48 CET | Actualisé 30/05/2019 13h:41 CET

La dernière idée de Gucci? Cet utérus en plein milieu d'une robe

Le directeur artistique de l'enseigne italienne Alessandro Michele veut permettre aux femmes d'être respectées et libres de leurs choix grâce à ses créations.

THE GUARDIAN

MODE - Michel-Ange n’a qu’à bien se tenir. Conçus par l’architecte en 1471 et ouvert au public en 1734, les musées du Capitole, à Rome, ont vu un tout autre public envahir les couloirs de l’un de ses édifices ce mardi 28 mai, à savoir celui du dernier défilé Gucci

L’enseigne de luxe y a présenté près de cent silhouettes dans le cadre de sa nouvelle collection croisière. Parmi la quantité colossale de tenues et d’accessoires, un élément a retenu notre attention. Un utérus, dont les ovaires ont été représentés par des fleurs roses, a été cousu en plein milieu d’une robe à manches longues plissée.

Sur son compte Instagram, la maison italienne explique la démarche de son créateur, le couturier Alessandro Michele. “Cette pièce reflète l’image que se fait le directeur artistique de la liberté, de l’égalité et de l’expression de soi”, peut-on lire en légende. 

Engagé aux côtés des femmes depuis le lancement, en 2013, de Chime for Change [une campagne visant à permettre l’accès à l’éducation, à la santé et à la justice pour toutes les jeunes filles dans le monde, NDLR], Gucci entend bien se servir de ses créations pour défendre la cause.

 

“My body, my choice”

“J’ai été malmené à plusieurs reprises au cours de ma vie, je connais ce sentiment. C’est pourquoi j’ai bien l’intention de pousser les limites de Gucci à chaque fois pour être inclusive”, confie Alessandro Michele à WWD. “Les femmes doivent être respectées. Elles doivent se sentir libres de choisir ce qu’elles veulent”, a-t-il précisé au cours de la conférence de presse qui a suivi la cérémonie.

D’autres articles de la collection contiennent, eux aussi, des messages inspirants. C’est le cas, par exemple, d’une veste de costume, sur laquelle le slogan pro-avortement “My body, my choice” [en français, “Mon corps, mon choix”] a été cousu dans le dos.

D’autres vêtements sont recouverts d’une date, celle du 22 mai 1978. Elle fait référence au jour au cours duquel l’Italie a officiellement légalisé l’avortement.

C’est une prise de position forte, certes. Mais ce n’est pas révolutionnaire, ni inédit. L’industrie de la mode y est coutumière depuis plusieurs années. Chez Dior, Maria Grazia Chiuri avait fait défiler, en février 2018, ses mannequins avec des pulls sur lesquels étaient brodées des phrases liées au consentement. “C’est non, non, non et non”, pouvait-on lire dessus.

Une pratique qui n’est pas vue d’un bon œil par tout le monde. Dans le luxe, comme dans le prêt-à-porter grand public, ces messages sur les vêtements sont souvent accusés de se servir de la cause féministe à des fins purement marketing. “Il faut mettre en place des politiques à l’intérieur des entreprises. Faire des vêtements féministes n’est pas suffisant”, assurait Céline Piques d’Osez le féminisme au HuffPost, en 2018.

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.