TUNISIE
18/06/2019 14h:16 CET | Actualisé 18/06/2019 14h:57 CET

La députée Héla Omrane explique pourquoi il faut amender la loi électorale

“Notre rôle en tant que législateurs est de défendre la démocratie” lance-t-elle

La polémique autour des propositions d’amendement de la loi électorale fait couler beaucoup d’encre ces jours-ci en Tunisie. Le clivage entre opposants et partisans à ce projet se creuse laissant libre court aux interprétations.

Si certains crient au scandale et accusent le gouvernement d’écarter ses rivaux et barrer la routes à certains candidats, d’autres continuent de défendre ces amendements pour “défendre la démocratie”.

Intervenant, mardi, sur les ondes de Shems Fm, la députée au sein du bloc de la coalition nationale, Héla Omrane, a justifié ces propositions d’amendement. La députée a exprimé sa conviction sur le fait que “ce projet de loi doit passer”. 

Pour étayer ses propos, Omrane a fait savoir que cet amendement de la loi électorale est “une généralisation des dispositifs mis en place dans le décret relatif aux partis politiques” martèle-t-elle. 

La députée estime que ces amendements visent à couper court à ceux qui souhaitent contourner la loi sous couvert d’associations. A ses yeux, cette modification de la loi électorale permet d’empêcher quiconque possédant une association de se lancer en politique “sur un coup de tête”. 

“Quand une association compte entrer en politique, cela devient dangereux”, note-t-elle en considérant ces dernières comme étant des partis clandestins, “oeuvrant au noir”. 

Pour Héla Omrane, le fait de se définir comme étant “loin de la politique” et de se présenter par la suite aux élections est une manoeuvre contre la démocratie. “Notre rôle en tant que législateurs est de défendre la démocratie” lance-t-elle. 

“C’est un monstre qui veut nous détruire” ajoute-elle en mettant en garde contre ceux qui ne respectent pas la loi.  

Selon Héla Omrane, la présidente du Parti Destourien Libre (PDL), Abir Moussi n’est pas concernée par cette loi et le projet d’amendement ne mentionne pas ceux qui font l’apologie de la dictature.

Pourtant, d’après Moussi, il s’agit bel et bien d’une tournure pour convaincre l’opinion publique qu’elle n’est pas concernée par cet alinéa, or ce n’est pas le cas estime la députée.

Mardi, une plénière sera consacrée à l’amendement de la loi électorale sujette à de nombreux griefs notamment de la part du fondateur de Nessma Tv ainsi que de Abir Moussi. Ces derniers estiment que certains amendements proposés viendraient les exclure de la course aux élections déplorant des amendements “sur mesure” à quelques semaines du dépôt des candidatures.  

Même si initialement la discussion du projet controversé de l’amendement de la loi électorale ne figure pas dans l’agenda des travaux de l’ARP, celui-ci va être discuté après une proposition du président du bloc parlementaire de la coalition nationale à l’ARP, adoptée par la majorité des députés.

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