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08/10/2019 18h:25 CET | Actualisé 08/10/2019 18h:25 CET

La démocratie Tunisienne en danger…

Nous pouvons être d’accord ou pas avec Kais Saied, nous pouvons débattre son projet ou ses idées, nous pouvons le contrôler après à travers les mécanismes constitutionnels, mais nous ne pouvons pas dire qu’il est un danger pour la démocratie en Tunisie.

FETHI BELAID via Getty Images

Aujourd’hui, et à quelques jours du deuxième tour des élections présidentielles, le peuple Tunisien se trouve bel et bien face à un choix entre deux personnes qui n’ont quasiment rien en commun.

Kais Saied, un enseignant universitaire depuis plus de trente ans, un homme connu par sa compétence en matière de droit constitutionnel, connu pour sa gentillesse avec ses étudiants, connu pour son honnêteté et c’est l’une de ses qualités essentielles, son intégrité et par son amour consacré aux jeunes, et par l’amour de la patrie.

Par ailleurs, Nabil Karouest un personnage qui a un poids médiatique très fort en Tunisie, et qui a opté pour la manipulation lors de la phase de transition démocratique dans ce pays. Cette personne n’a cessé d’inciter à la haine et à la violence d’une manière directe ou indirecte à travers sa chaine de télévision très connue.

En effet, il était derrière des forces politiques “en jouant aux échecs”, il a influencé l’opinion publique, et aujourd’hui il est derrière... lui-même en se présentant comme “un roi”.

Pourquoi Kais Saied?

Kais Saied l’homme de 62 ans, qui a consacré sa vie à ses étudiants, aux générations de jeunes Tunisiens en les respectant, et en donnant l’exemple d’un enseignant compétent, respectueux, discipliné et toujours à l’écoute des étudiants, et à l’écoute de tout le monde après qu’il soit devenu une personnalité publique ayant une popularité importante.

Tout simplement, c’est l’homme qui n’a pas de machine médiatique, qui n’est pas accusé de blanchiment d’argent. C’est l’homme qui n’a pas dépensé des millions de dollars et qui n’a pas demandé à un bureau de Lobbying aux Etats-Unis d’Amérique de renforcer son image à l’étranger.

Et c’est l’homme qui n’a jamais eu de relations avec des groupes islamistes armés au contraire de son adversaire, qui a par exemple une relation forte avec Abdelhakim Belhaj, le commandant Libyen du Groupe Islamique Combattant.

Ainsi, nous remarquons, la diabolisation de Kais Saied en le plaçant dans le camp des islamistes ou bien des salafistes et plus souvent des “nahdhaouistes”, alors que l’homme n’avait aucune relation avec les islamistes ni en Tunisie ni à l’étranger.

Kais Saied était toujours en dehors du jeu politique en gardant ses distances envers toutes les parties avec leurs différences idéologiques, et en gardant son image, l’image d’un homme intègre et honnête.

Par contre, ce n’est pas un secret, son adversaire entretient ou a entretenu de fortes relations avec Rached Ghanouchi le président du Parti Ennahdha.

C’est lui en fait qui a essayé de changer l’image du “Cheikh” pour l’adapter soit disant avec la modernité en le montrant la première fois de sa vie portant une cravate, et en donnant une autre image d’Ennahdha comme un parti croyant aux valeurs de l’Etat civil et aux valeurs de la démocratie, après toutes les campagnes médiatiques à l’encontre de ce parti lors de la période de 2011-2014.

Qu’est-ce qui a changé? Rien, absolument rien, sauf que Nabil Karoui joue encore aux échecs.

En 2016, l’organisation I Watch a déposé une plainte à l’encontre des frères Karoui pour blanchiment d’argent en Tunisie et à l’étranger. En août 2019, les frères Karoui ont été arrêtés.

La question qui se pose ici: est-ce que se présenter aux élections vaut une immunité? A mon avis, absolument non, mais peut-être pour ceux qui légitiment la corruption, la réponse est “oui”.

Au lieu de diaboliser la justice, il y a lieu de respecter les institutions de l’Etat et de respecter le pouvoir judiciaire.

En effet, Nabil Karoui, comme tout citoyen Tunisien n’est pas au-dessus de la loi même s’il s’est présenté aux élections.

Dans tout ça, nous n’arrivons pas à comprendre jusqu’à maintenant, qu’elle est la faute de Kais Saied.

La faute de Kais Saied, c’est d’être un homme loin des enjeux de la majorité des politiciens et d’être loin de leurs intérêts.

Pourquoi mêler Saied à ces affaires-là? Nous n’arrivons pas à comprendre aussi.

Certes, Kais Saied, n’est pas le sauveur de la Tunisie, et que son échec ou sa réussite seront étroitement liés aux circonstances politiques, et à l’attitude du peuple Tunisien après les élections, mais, il est incomparable avec l’autre candidat, à mon sens.

Incomparable puisqu’il n’a jamais menacé la société civile, puisqu’il n’a jamais opté pour la manipulation, et il ne se cache pas aussi derrière les élections pour blanchir son image contrairement à l’autre candidat qui est accusé de blanchir son argent.

Nous pouvons être d’accord ou pas avec Kais Saied, nous pouvons débattre son projet ou ses idées, nous pouvons le contrôler après à travers les mécanismes constitutionnels, mais nous ne pouvons pas dire qu’il est un danger pour la démocratie en Tunisie.

Par contre, nous considérons son adversaire, comme un vrai danger.

Imaginons juste ce qu’il sera capable de faire au pouvoir après tous les dépassements qu’il a commis auparavant à travers sa chaine de télévision et son association caritative.

Kais Saied, n’est pas du tout l’homme parfait, nous pouvons avoir avec lui des points de divergence sur le plan économique, social, ainsi que le sur le plan des droits et libertés. Et pour ces points-là, il faut le comparer déjà à son adversaire qui n’est pas du tout progressiste et qui ne s’est même pas prononcé clairement sur les questions relatives aux droits et libertés, alors que Kais Saied a confirmé lors d’une déclaration qu’il n’a pas l’intention de changer le style de vie de la société Tunisienne et qu’il va protéger nos acquis comme la constitution Tunisienne de 2014 ou bien le code du statut personnel, etc.

En ce qui concerne le mode de scrutin proposé par Kais Saied, et même si nous ne l’adoptons pas, il faut préciser d’abord que rien n’est “inchangeable” et que la règle de droit sert essentiellement à adapter les attentes d’un peuple et son choix avec des circonstances bien déterminées.

Ensuite, ce que propose Kais Saied pourra être débattu au parlement et c’est à ce dernier de décider de son essor, donc Kais Saied propose des idées et respecte le parlement et le choix du peuple.

Kais Saied aussi, n’est pas au-dessus de la critique, et l’absence d’une source officielle le représentant a créé à un moment donné “un vide”.

Ce vide, a laissé l’espace à des parties comme la coalition “Dignité” (Celle de l’avocat Seif-Eddine Makhlouf) ou bien Ennahdha ou autres, afin qu’elles exploitent l’image de Kais Saied pour séduire ses votants dans le cadre des élections législatives, en se présentant comme une future “ceinture” du président, alors qu’il n’a aucune relation avec eux, et que ses idées ne sont pas les leurs.

Ainsi, Kais Saied a refusé l’utilisation de son image à côté de celle de Seif Eddine Makhlouf à Ezzahrouni à Tunis, et il a informé l’ISIE de ces dépassements et il compte porter plainte contre lui.

Kais Saied est incomparable aussi avec ces parties puisqu’il n’a pas un discours violent, puisqu’il n’a jamais incité à la haine ou il a essayé de diviser les Tunisiens. Kais Saied n’a jamais accusé personne, même l’autre candidat en face de lui au deuxième tour des présidentielles.

C’est pour ça que nous avons choisi Kais Saied au deuxième tour, pour le bien de la Tunisie, et parce qu’il ne joue pas aux échecs dans le monde politique et parce qu’il est patriote.

Dans tout les cas, notre voix n’est pas une carte blanche, et nous serons présents chaque seconde lors du prochain mandat pour le contrôler.

Par contre, si l’autre candidat gagne, la démocratie Tunisienne sera certainement en danger…

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