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10/08/2018 19h:15 CET | Actualisé 10/08/2018 19h:15 CET

La danse: Une maladie délicieuse

Et là, au milieu de ses larmes, un large sourire se dessina sur son visage et il cria de toute ses forces: “Je danserai malgré tout”.

David Soanes Photography via Getty Images

Certes, il dansait tous les jours, depuis longtemps. Mais, pour lui, la danse était plus qu’un métier, plus qu’une vocation …

Chaque fois qu’il dansait, il sentait tout son être vibrer. C’était une sorte de maladie délicieuse qui se propageait, lentement, dans son corps, une sorte d’appel à qui tous ses muscles, ses os répondaient. Chaque atome de son corps frissonnait au moindre contact avec l’air. Les poils de sa nuque se hérissèrent un à un. Il sentit le poids de ses jambes, de ses bras, au fur et à mesure qu’il bougeait.

Il n’avait guère besoin de suivre ses pas, il ferma les yeux et se laissa guider, par la musique sur laquelle il dansait. Il ne contrôlait plus ses mouvements et se laissa envahir par cette forte synergie, qui s’établit petit à petit, entre la musique et son corps. Il n’était plus l’acteur du spectacle, mais plutôt, un spectateur. À chaque nouvelle note de musique, il découvrait de nouveaux pas, des mouvements qu’il ne connaissait point, mais qu’il réussissait à faire, avec la plus grande aisance.

Puis, au bon milieu de sa danse, il sentit une explosion de plaisir et de volupté, submerger tout son esprit, tout son corps, tout son âme, qui se fondirent pour ne devenir qu’un seul et unique élément, ivre d’énergie et de couleurs.

Le danseur se laissa tomber, lentement, de façon exquise par terre. Il n’avait plus de force, mais il releva quand même, une main tremblotante et les yeux toujours fermés, il chercha les boutons de sa chemise. Il la déboutonna avec une tendresse de mère, une délicatesse d’amant d’un désir ardent….

Il était extasié de sa découverte. Pour la première fois, il faisait la connaissance de choses qui ont toujours, fait partie de lui. Tel un enfant devant un nouveau jouet, il s’empressa de le découvrir davantage, ce jouet si merveilleux, mystérieux…

Il poursuivit l’exploration de son corps, qu’il considérait maintenant comme une œuvre d’art, son propre chef d’œuvre. Son désir de plonger davantage dans ce chef d’œuvre et de découvrir chacun de ses détails, de ses beautés et de ses imperfections, s’accentuait, au fur et mesure qu’il avançait avec ses doigts. Il était devenu peintre et ses dix doigts, ses pinceaux, qu’il peignait avec.

Tant de beauté, lascivité et divinité ne l’ont pas laissé insensible. Soudain, il fut pris de sanglots et ses larmes coulèrent tout au long de son corps, le rendant encore plus chaste et sacré .

 

Et là, au milieu de ses larmes, un large sourire se dessina sur son visage et il cria de toute ses forces: “Je danserai malgré tout”.

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