03/01/2019 10h:55 CET | Actualisé 03/01/2019 10h:55 CET

La croissance de l'économie marocaine devrait passer sous les 3% au premier trimestre 2019 selon le HCP

Une baisse provoquée notamment par le repli de la valeur ajoutée agricole.

FADEL SENNA via Getty Images

ÉCONOMIE - La croissance de l’économie nationale serait de 2,5% au premier trimestre 2019, au lieu de 3,3% la même période une année auparavant, pâtissant notamment du repli de 0,7% de la valeur ajoutée agricole, estime le HCP dans son dernier point de conjoncture trimestrielle relayé par la MAP. Un résultat réalisé “sous l’hypothèse du retour de la production des céréales vers son niveau de moyen terme, après deux années de bonnes performances”. 

Une croissance bien en deçà de celle estimée à la même période en 2018. Le HCP avait alors rapporté une croissance économique nationale, se situant à 3,2% au premier trimestre 2018 au lieu de 3,5% durant la même période de l’année 2017.

“Tensions commerciales, financières et politiques”

“La valeur ajoutée hors agriculture s’améliorerait, quant à elle, de 2,9% au premier trimestre 2019, au lieu de 3,4% le même trimestre de l’année qui précède”, explique le Haut Commissariat au Plan.

“La dynamique de croissance des filières végétales hors céréales se poursuivrait avec une expansion de la production des agrumes, de l’olivier et des cultures fruitières, alors que les effets des chocs conjoncturels ayant affecté la production animale à fin 2018 se dissiperaient progressivement à partir du premier trimestre 2019”, précise la même source.

“Hors agriculture, l’activité économique évoluerait dans un contexte international marqué par la persistance des tensions commerciales, financières et politiques”, fait observer le HCP, notant que la croissance du commerce mondial ralentirait à 3,5%, affecté par les incidences du relèvement des barrières douanières par les Etats-Unis et la Chine.

Essoufflement de la croissance européenne

Un essoufflement de la croissance européenne est également anticipé, en raison des aléas liés à l’aboutissement des négociations sur le Brexit, ainsi qu’au climat “d’attentisme” qui pourrait affecter les investissements et les marchés financiers. Par ailleurs, continue le communiqué, “le resserrement de la politique monétaire américaine soutiendrait l’appréciation du dollar qui pourrait fragiliser les monnaies de certaines économies émergentes et affecter leur activité économique”.

Pour le HCP, “les pressions inflationnistes seraient contenues mais resteraient, toutefois, subordonnées à l’évolution des cours du pétrole sur le marché mondial prévue à 60$/baril”, rappelle le document. 

“Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc enregistrerait une hausse de 3,8% au 1er trimestre 2019, en variation annuelle”, relève l’institution présidée par Ahmed Lahlimi Alami, précisant que cette amélioration profiterait notamment aux industries manufacturières dont la croissance s’établirait à 3%.

La croissance de la valeur ajoutée de la construction resterait modérée, se situant aux environs de 1%. Quant au secteur tertiaire, sa valeur ajoutée croîtrait de 3,2%, contribuant pour environ 1,6 point à la croissance globale du PIB.

Le HCP note par ailleurs que dans l’attente de la publication traditionnelle du budget économique prévisionnel de janvier 2019, la croissance annuelle devrait rester aux environs de 3% en 2018, ce qui concorde avec les prévisions annoncées dans le cadre du budget économique prévisionnel de janvier 2018.