ALGÉRIE
24/04/2019 14h:47 CET

La Cour Suprême ouvre le dossier Chakib Khelil

Reuters

La Cour Suprême a annoncé dans un communiqué daté de ce mercredi 23 avril 2019 l’ouverture de plusieurs dossiers en relation avec Chakib Khelil, l’ex-ministre de l’Energie, cité dans plusieurs affaires de corruption, notamment à Sonatrach. 

La Cour Suprême, qui a confirmé que le document émane bien de ses services dans une déclaration au HuffPost Algérie, a rajouté que Chakib Khelil est accusé “d’actes liés à des infractions à la législation sur le change et les transferts de capitaux”.

Il est également pointé du doigt par la justice algérienne pour avoir conclu “deux contrats de manière illégale avec deux sociétés étrangères”.

 L’ex-ministre de l’Energie, ayant fait l’objet d’un mandat d’arrêt international de la part de la justice algérienne dans le cadre du scandale de Sonatrach, a finalement été blanchi avant de rentrer en Algérie.

Il a été cité dans plusieurs affaires de corruption. La dernière en date remonte à décembre 2019 lorsqu’il a été cité par le tribunal de Milan, qui affirmait détenir des preuves que Saipem a bien versé des pot de vins

 

Reuters Italie avait expliqué que les juges du tribunal de Milan ont rappelé que l’une des filiales du groupe ENI, Saipem, était “au courant et a pris une part active dans le décaissement des pots-de-vin versés pour décrocher des contrats pétroliers en Algérie”. 

Il s’agit d’un paiement de 197 millions d’euros de pots-de-vins pour obtenir des contrats à 8 milliards au profit de Saipem. D’autres pots-de-vins, destinées à  autoriser ENI à acheter la compagnie canadienne Firs Calgary Petroleums, qui était propriétaire de droits d’exploitation d’un champ dans le Sahara algérien, ont également été versés.

Pietro Tali, ex-DG de cette filiale, a été condamné en septembre à 4 ans et 9 mois de prison pour corruption internationale. La société, elle, a été condamnée à une amende de 400.000 euros et une confiscation de 197.9 millions d’euros. 

Le tribunal de Milan poursuit que l”’unique accord correctif conclu par Tali avec Khelil, a été suivi par l’attribution de pots-de-vins comme convenu à hauteur de 3% de la valeur des contrats accordés à Saipem”.

Les juges confirment ainsi que l’ex-ministre de l’Energie, Chakib Khelil, a bel et bien touché des pots-de-vins, rajoutant que Saipem n’aurait pas effectué “les contrôles appropriés sur les intermédiaires” dans le cadre de la passation des marchés du gaz algérien.