MAROC
26/06/2018 17h:20 CET

La Cour suprême des États-Unis valide le "muslim ban" de Trump

Et le président américain a réagi sur Twitter...

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INTERNATIONAL - La Cour suprême des États-Unis a validé mardi 26 juin l’interdiction pour les ressortissants de six pays, dont cinq à majorité musulmane, de se rendre sur le territoire américain.

Prise à la majorité de cinq juges contre quatre, cette décision entérine le décret signé en janvier 2017 par Donald Trump visant à limiter l’immigration des pays à majorité musulmane pour des questions de “sécurité nationale”.

Le texte entériné par la Cour suprême, troisième version du décret du président américain, limite l’accès aux États-Unis pour les ressortissants d’Iran, de Libye, de Somalie, de Syrie, du Yémen et de Corée du Nord, soit environ 150 millions de personnes.

Sur Twitter, le président américain a exprimé sa joie suite à cette annonce:

“LA COUR SUPRÊME MAINTIENT L’INTERDICTION DE VOYAGE DE TRUMP. Wow!”

Dans l’arrêt, rédigé par le juge en chef John Roberts, la Cour suprême souligne que les présidents ont un pouvoir important pour réglementer l’immigration, rapporte la MAP.

Cette décision intervient après une longue bataille judiciaire entamée par l’administration Trump pour faire adopter cette mesure. “Les juridictions inférieures ont bloqué l’interdiction à l’automne dernier jusqu’à ce que la Cour suprême l’autorise à entrer en vigueur en décembre alors que les procédures judiciaires se poursuivaient dans l’affaire ‘Trump contre Hawaii’”, rappellent nos confrères du HuffPost américain.

“L’État d’Hawaii faisait valoir que l’interdiction discriminait en fonction de la nationalité et ciblait spécifiquement les musulmans. L’administration Trump, quant à elle, soutenait qu’une telle interdiction était une nécessité à des fins de sécurité nationale”, poursuit la même source.

Une interdiction “honteuse” pour ses détracteurs

Cette décision de la Cour suprême est une “défaite cuisante” pour les opposants à l’interdiction de voyager aux États-Unis mise en place par Donald Trump.

Becca Heller, directrice et co-fondatrice de l’International Refugee Assistance Project, a ainsi qualifié cette décision de “dévastatrice, non seulement pour les musulmans, qui sont la cible principale de cette interdiction honteuse, mais pour tous ceux qui croient en la liberté de religion”, rapporte le HuffPost américain.

“Cette décision le poussera encore plus à discriminer tous ceux que son administration juge indésirables, comme nous l’avons vu ces dernières semaines”, a encore déclaré Mme Heller à propos du président américain. Des appels à manifester en soutien aux musulmans ont été lancés.

“Aujourd’hui, la Cour suprême des États-Unis a statué en faveur du discriminant #MuslimBan qui continuera d’avoir des conséquences très étendues et dévastatrices pour des milliers de personnes et de familles. Rejoingnez-nous ce soir à Foley Square pour #SoutenirLesMusulmans”