TUNISIE
26/06/2018 14h:05 CET

La Confédération Syndicale Internationale préoccupée par les retombées de la hausse du taux d’intérêt directeur par la BCT

Selon la CSI, le gouvernement tunisien devrait combattre l’évasion fiscale, les flux financiers illicites et l’exploitation des travailleurs.

La confédération syndicale internationale a estimé dans un communiqué rendu public lundi , que la décision de la Banque centrale de Tunisie d’augmenter le taux directeur, peut ralentir la relance économique tunisienne.

Ralentissement de la relance économique

Un taux d’inflation atteignant les 7,7%, une décision gouvernementale gelant les salaires dans le secteur public et une revue à la hausse hausse des taxes de la consommation, sont tous des facteurs loin d’être propices pour la relance économique tunisienne, a affirmé la confédération dans son communiqué, surtout avec la dernière augmentation du taux d’intérêt à 6,75%.

Dans ce sens, la secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow, a expliqué que “les augmentations des taux d’intérêt, au cours des dernières années, ont manqué de réduire l’inflation. Cette nouvelle augmentation ralentira de plus belle une économie tunisienne titubante, exacerbant par là-même les souffrances” indique le communiqué.

La CSI a prévenu, également, que la demande du Fonds Monétaire International auprès du gouvernement tunisien de hausser les taux d’intérêt, tout en lui enjoignant de procéder à l’ouverture totale de son marché des changes pour attirer l’investissement étranger, est une démarche qui entraînera aussi une augmentation des taux d’intérêt pour les petites entreprises locales dotées d’un potentiel de création d’emplois.

Diminution inquiétante du pouvoir d’achat

Entre le dinar tunisien qui poursuit sa dégringolade et les pressions inflationnistes, ayant motivé la hausse par la Banque centrale de son taux d’intérêt directeur de 100 points, le faisant passer de 5,75% à 6,75%, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Tabboubi, a affirmé sa désapprobation envers cette mesure qui risque selon lui de nuire à l’entreprise, à l’investissement et au pouvoir d’achat: “une telle mesure a des répercussions néfastes sur l’investissement et la croissance, exacerbant l’actuelle conjoncture de crise économique et réduisant encore davantage le pouvoir d’achat déjà sévèrement amputé des travailleurs” ajoute le communiqué.

La CSI appelle le gouvernement tunisien à mettre fin à l’évasion fiscale

La CSI a par ailleurs appelé le gouvernement tunisien à mettre fin à l’évasion fiscale et aux flux financiers illicites et à combattre l’exploitation des travailleurs dans l’économie informelle. Il devrait, par ailleurs, s’abstenir de procéder au licenciement en masse d’employés de la fonction publique, qui a fait partie des prescriptions du FMI par le passé.

 À cet égard, Sharan Burrow a assuré que “le gouvernement devrait instaurer des politiques fiscales et monétaires qui participent à la création d’emplois et au développement continu de l’économie nationale, et la communauté internationale, dont le FMI, sont appelés à apporter leur soutien en ce sens”.

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