MAROC
02/08/2019 15h:28 CET

La Coalition marocaine contre la peine de mort salue les grâces royales

Et appelle à l'abolition de la peine de mort de manière définitive au Maroc.

Pict Rider via Getty Images

ABOLITION DE LA PEINE DE MORT- A l’occasion de la fête du Trône, le 30 juillet, le roi Mohammed VI a accordé une grâce royale à 31 détenus condamnés à mort, commutant leur peine à de la prison à perpétuité. Une décision vivement saluée par la Coalition marocaine contre la peine de mort, le Réseau des parlementaires contre la peine de mort au Maroc et le Réseau des avocats contre la peine de mort, dans un communiqué commun, publié ce vendredi. Tous estime que cette grâce permettra de diminuer dans des “proportions importantes” le nombre de condamnés dans les couloirs de la mort des prisons du pays. 

“La Coalition et les deux réseaux saluent cette décision, félicitent les bénéficiaires et ont l’espoir que viennent bientôt des occasions de grâce pour fermer à jamais les couloirs de la mort et qu’ils soient vidés de l’ensemble des condamnés”, espèrent-ils. Ils se disent convaincus plus que jamais que la peine de mort n’est plus justifiée dans l’arsenal pénal marocain et qu’elle est en “contradiction avec la conception du châtiment fondée sur le droit et les valeurs humaines”. 

Depuis quelques semaines, plusieurs condamnations à mort sont tombées au Maroc, notamment pour les principaux prévenus qui ont assassiné, en décembre dernier, deux touristes scandinaves à Imlil, ou plus récemment les coupables de la fusillade du Café La Crème à Marrakech, ayant coûté la vie à un jeune homme de 26 ans. Pour la Coalition, “la réalité a montré l’erreur de ceux qui, par une approche populiste basée sur la vengeance, appellent explicitement à l’exécution des personnes condamnées à mort, pratiquant une surenchère à l’égard du mouvement des droits de l’Homme national et international sans
vouloir élever le niveau du débat en discutant des formes du crime, de ses causes, de sa nature, de son traitement à partir d’une approche politique, économique, sociale et éducative” souligne le communiqué. 

Une situation d’attentisme “frustrante et incohérente”

Ce rappel commun s’adresse aux autorités exécutives et législatives, aux institutions administratives et nationales des droits de l’Homme, aux partis politiques et aux organisations syndicales, ainsi qu’à toutes les organisations de défense des droits de l’Hommes “connues pour leur combat et leur crédibilité” et aux diverses compétences intellectuelles et culturelles. La coalition appelle l’ensemble de ces acteurs à œuvrer pour abolir définitivement la peine de mort au Maroc et que le pays prenne “une position définitive en faveur de l’abolition de la peine”. La coalition met l’accent sur une situation d’attentisme quelle qualifie de “frustrante et incohérente” qui entraverait, pour elle, “la construction de l’Etat de droit et la réalisation d’un développement global” conforme aux droits de l’Homme et à la démocratie. 

“La coalition et les deux réseaux appellent l’ensemble des autorités à lancer le compte à rebours (...) à clore un débat qui s’est développé et a mûri dans le sens de l’abolition de la peine de mort pour que le Maroc rejoigne les rangs des pays abolitionnistes de la peine de mort de tous les crimes et en toutes circonstances, et ratifie le deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques” conclut le communiqué. 

Pour rappel, 93 personnes étaient sous le coup d’une condamnation à la peine de mort l’année dernière, soit deux personnes de moins qu’en 2017. Même si aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993, la justice marocaine continue de prononcer cette sentence.