MAROC
03/05/2018 14h:45 CET

La Coalition des droits de l'Homme réclame des excuses à Laftit

Qualifiant d"'irresponsables" les propos du ministre de l'Intérieur, la coalition rejette avec force ses accusations.

FADEL SENNA via Getty Images

DROITS DE L’HOMME - Les propos du ministre n’ont pas laissé la Coalition marocaine des instances des droits de l’homme (CMIDH) insensible. Il y a un mois, le 2 avril, à la Commission de l’Intérieur, des collectivités territoriales, de l’habitat et de la politique de la ville à la Chambre des représentants, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, avait accusé des parties, dont l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), “d’élargir les zones de protestations dans différentes régions du royaume et d’exploiter tout mouvement social pour aggraver la situation”.

Aujourd’hui, la CMIDH, qui regroupe une vingtaine d’associations et dont l’AMDH est la coordinatrice, réagit aux propos du ministre les qualifiant “d’irresponsables”, dans un communiqué publié hier soir. Dans ce dernier, la coalition estime que le ministre “donne ainsi son feu vert aux autorités publiques pour renforcer sa censure à l’égard des parties citées”. Elle soutient que ses propos risquent de “nuire à la réputation du Maroc” dans un contexte qu’elle juge “défavorable” en matière de respect des droits de l’Homme. 

Pour la coalition, les accusations du ministre représentent “une attaque” à son encontre. Et d’estimer être en droit de revendiquer “des excuses” de Laftit et de l’Etat de “revoir sa politique nationale en adéquation à ses engagements en matière de droits de l’Homme”. 

Le ministre de l’Intérieur avait souligné, à la même occasion, que des organismes en mal de reconnaissance cherchent à “s’infiltrer dans tout mouvement de contestation dans le but d’embraser l’image de l’État devant l’opinion publique nationale et les organisations internationales de droits de l’Homme de manière à saper les projets de l’État et nuire aux efforts d’encadrement politique entrepris par les partis politiques et les syndicats sérieux”.

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