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29/01/2016 20h:49 CET | Actualisé 29/01/2017 06h:12 CET

La chronique de l'étudiant: La course au diplôme

HuffPost Algérie

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Il est presque onze heures dans le bus Cous qui arrive à Bouzareah. Mehdi, étudiant en Master, ne sera cette fois pas en retard. Comme chaque semaine, il doit courir pour arriver à temps. Mehdi n'a pas un problème de réveil mais de temps : en plus d'être étudiant, il enseigne dans un établissement privé d'Alger. Lui peut donc parler du fameux fossé qui est censé séparer le secondaire, de l'universitaire.

Les professeurs de Mehdi (ainsi que ses parents) n'ont cessé de l'évoquer lorsqu'il était lui-même lycéen. Combien de fois n'a-t-il pas entendu 'La FAC c'est un autre monde", "Avec ce rythme et cette mentalité, vous serez perdus" ou la célèbre "Prenez des notes, à la FAC, aucun prof ne dicte son cours".

Aujourd'hui plus que jamais, Mehdi a l'impression que ce fossé n'est plus qu'un petit trou, un simple nid de poule. Ce jour en particulier car ses deux cours, en tant que professeur et qu'étudiant, traitent du même sujet.

Mais ne soyons pas de mauvaise foi. Que des lycéens qui préparent le baccalauréat français, et des étudiants de lettres françaises, à la FAC algérienne -comme langue étrangère- aient un cours sur le même sujet n'est pas choquant. Un cours peut être traité de différentes manières, de sorte à l'adapter à la classe concernée.

Ce n'est d'ailleurs pas le sujet de réflexion de Mehdi lors de son trajet en Cous. Là où ce fossé se rétrécit, ce n'est pas au niveau du fond, mais de la forme. La manière. L'état d'esprit des étudiants et des professeurs. Une espèce de marchandage, initié par les uns, et alimenté par les autres.

Là aussi, des phrases bateau, très connues au lycée, sont encore employées par les étudiants : "Madame ce travail est noté ?" ou "Monsieur y'aura ce cours à l'examen ?".

Plus grave encore, le plagiat fait des ravages chez les étudiants. En plus du désormais traditionnel copier-coller de Wikipédia, certains étudiants n'hésiteraient plus à utiliser des articles d'auteurs connus (qu'ils étudient !) pour étayer leurs travaux. Enfin, le copiage aussi se généralise. La technologie, avec l'émergence de la 3G, vient s'ajouter aux antisèches, et l'écriture sur les mains, les tables, et même ... les murs.

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Là aussi, ne soyons pas de mauvaise foi. Mehdi a, comme tout le monde, déjà un jour, eu la flemme de réviser pour un cours qui n'allait pas compter à un examen. Il s'est aussi déjà "inspiré" d'internet pour un de ses travaux, et on a déjà copié (si si). Le problème, c'est que l'université, semble être devenue un lieu où seuls les résultats comptent.

Au lycée, on ne choisit pas ses cours, on prépare son baccalauréat, qui nous ouvre les portes du système universitaire. Il est plus acceptable donc, de privilégier les résultats, avant de se spécialiser dans un domaine.

Par contre, quel est l'intérêt de vouloir son diplôme plus que tout, même s'il n'est pas mérité ? Après l'université (parfois même pendant), c'est le monde du travail. Plus moyen de chercher, par tous les moyens possibles, d'avoir le dix de moyenne salvateur. Plus de rattrapage après les examens. Plus de marchandage, de négociations avec ses professeurs. Plus moyen de tricher.

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