MAROC
28/02/2019 10h:17 CET

La Chine va sanctionner les chercheurs voulant altérer l'ADN de bébés

En novembre, un chercheur a fait polémique en annonçant être parvenu à manipuler l'ADN de jumelles avant leur naissance pour les rendre résistantes au virus du sida.

ANTHONY WALLACE VIA GETTY IMAGES

ADN - La Chine a rédigé une nouvelle réglementation afin de superviser la recherche génétique, prévoyant amendes et suspensions, à la suite de l’affaire des “bébés OGM” dont la naissance a causé un tollé mondial fin 2018.

Le généticien chinois He Jiankui a provoqué un choc en novembre dernier en annonçant qu’il avait réussi à altérer l’ADN de deux nouveau-nés. Le chercheur basé à Shenzhen, dans le sud du pays, a affirmé avoir modifié un gène afin de rendre les bébés, des jumelles dont le père est séropositif, résistants au virus du sida. L’annonce a mis en lumière le manque de supervision en Chine sur les travaux de certains savants.

En réponse, la nouvelle réglementation dévoilée mardi 26 février prévoit de classifier ”à haut risque” les travaux sur des matériaux génétiques tels que manipulation et transferts de gènes ou recherche sur les cellules souches Les autorités sanitaires devront superviser ce type de recherches.

Des amendes comprises entre 50.000 et 100.000 yuans (6.500 à 13.000 euros) sont prévues pour les chercheurs et les institutions qui se livreraient à de telles recherches sans autorisation. L’Etat pourra stopper et confisquer les travaux. Un savant qui percevra “des revenus illicites” à la suite de recherches non autorisées sera pénalisé à hauteur de 10 à 20 fois les revenus en question.

 

Des suspensions à vie prévues

Il encourt aussi une suspension de six mois à un an. “Si les circonstances sont graves, la licence professionnelle sera révoquée et la personne sera interdite à vie de toute recherche clinique”, stipule la réglementation.

À la suite de la naissance des jumelles OGM, He Jiankui a fait l’objet d’une enquête policière et le régime communiste a suspendu ses travaux. Les enquêteurs ont affirmé le mois dernier à l’agence de presse officielle Chine nouvelle que le chercheur “recherchait la gloire” et avait utilisé ses “propres fonds” afin de mener à bien son projet. Il a “contrefait des documents de vérification éthique” et “délibérément échappé à toute supervision”, selon la même source.

Les modifications génétiques réalisées sur des embryons à des fins de reproduction sont illégales dans de nombreux pays mais la Chine ne dispose pas de loi dans ce domaine. Une brève réglementation du ministère de la Santé, datant de 2003, interdit les manipulations génétiques d’embryons mais ne prévoit aucune peine pour les contrevenants.

Cet article a initialement été publié sur Le HuffPost France.