ALGÉRIE
13/10/2018 13h:11 CET | Actualisé 13/10/2018 13h:12 CET

La Chine reconnaît l'internement de masse de musulmans ouïghours et tente de se justifier

The Telegraph

Après avoir catégoriquement nié l’existence de camps de détention pour musulmans dans le territoire de Xinjiang, la Chine reconnaît officiellement l’enfermement des ouïghours et tente de justifier ces mesures.

Le Parti communiste chinois a annoncé des amendements sur la loi “anti-extrémisme”, qui donnent un cadre légal à l’utilisation de “centres de formation professionnelle” pour ”éduquer et transformer les personnes influencées par une idéologie extrémiste et leur offrir des opportunités d’emploi”. 

La région de Xinjiang, située dans le nord-ouest chinois, fait l’objet d’une sévère reprise en main politique ces dernières années à la suite d’une série d’attentats meurtriers attribués à des islamistes.

Des ONG pour la protection des droits de l’Homme et la presse internationale dénonçaient depuis des mois des exactions chinoises contre les musulmans. Fin septembre, Amnesty International a appelé le Parti communiste à faire la lumière sur une “répression massive”, accusant les autorités d’avoir ouvert des “centres de rééducation” pour les personnes soupçonnées d’intentions hostiles.

Il s’agit notamment des Ouïghours ou des Kazakhs, les principales ethnies musulmanes du Xinjiang.

Pékin était accusée de mener “une campagne gouvernementale d’internements de masse, de surveillance intrusive, d’endoctrinement politique et d’assimilation culturelle forcée”.

“Opportunités d’emplois”

 

Jusque-là, la Chine a toujours rejeté ces accusations, malgré les témoignages concordants relayés par les ONG et la presse ainsi que les images satellites montrant des camps d’internement. 

Mais le Parti communiste chinois a finalement reconnu recourir à ces “centres de rééducation”, légalisés par des amendements sur la loi “anti-extrémisme” en vigueur dans la région depuis plusieurs années. 

Officiellement, la Chine parle de “centres de formation professionnelle” destinées à ”éduquer et transformer” des détenus soit-disant radicalisés. Il s’agit, selon le même discours, de fournir à ces “dissidents” des “opportunités d’emploi”.

Pékin parle désormais dans des amendements à la loi “antiextrémisme” de “centres de formation professionnelle” pour ”éduquer et transformer” les soi-disant radicalisés. Objectif officiel? Fournir à ces dissidents des “opportunités d’emploi”.

Pourtant, selon plusieurs médias, dont Libération, les arrestations et les enfermements touchent la majorité des citoyens musulmans, parfois pour des motifs aussi futiles qu’une barbe longue. 

Vaste campagne contre la nourriture halal

En marge de ces “explications”, le parti a également lancé une vaste campagne contre la nourriture halal et ses cadres ont été sommés de reproduire, sur leurs comptes personnels, un serment rejetant toute croyance religieuse et la nourriture halal: “Je crois au marxisme-léninisme. Je lève l’étendard et combats jusqu’au bout la mode du halal, ferme dans ma croyance, et même jusqu’à la mort”.

Selon la mairie d’Urumqi, les fonctionnaires ne doivent observer aucun interdit alimentaire et le menu des cantines se doit d’offrir “de la cuisine de différentes nationalités”.

Le Global Times, journal officiel du Parti, justifie ce texte par le fait que le halal favorise “l’enlisement dans l’extrémisme religieux”.