MAROC
30/10/2018 11h:04 CET

La CGEM se désolidarise des propos dans la presse de Mohammed Benmoussa, son économiste en chef

Suite à une sortie polémique et critique à l'endroit de Aziz Akhannouch.

AIC Press

ECONOMIE - La Confédération Générale des Entreprises du Maroc hausse le ton. Dans une mise au point, le patronat explique avoir “appris avec étonnement, dimanche 28 octobre 2018, que Mohammed Benmoussa s’est exprimé par voie de presse sur des questions ayant trait à l’économie nationale en se prévalant de sa qualité d’économiste en chef de la CGEM”.

“La CGEM tient à préciser que M. Benmoussa n’a pas été mandaté pour s’exprimer au nom du patronat ni au nom du Groupe parlementaire de la CGEM à la Chambre des Conseillers”, poursuit le communiqué. 

Objet du litige: une interview polémique accordée à nos confrères du Desk. Benmoussa y tacle “la personne de Aziz Akhannouch” qu’il traite de “boulet au fonctionnement apaisé de nos institutions politiques”, évoque le groupe Akwa en indiquant que celui-ci “contrôle 40 % d’un marché où les opérateurs fonctionnent selon la logique d’un cartel”, et parle de démocratie en assurant que “les institutions de régulation politique et de contrôle fonctionnent mal dans notre pays, ou ne fonctionnent pas du tout”. 

“Une libéralisation des prix des hydrocarbures mal pensée par nos politiques a permis d’offrir sur un plateau d’argent 17 milliards de dirhams aux distributeurs pétroliers en l’espace de 24 mois !”, poursuit Mohammed Benmoussa. Et d’assurer “qu’il n’est pas permis dans une vraie démocratie de confondre l’exercice du pouvoir politique avec la pratique des affaires, surtout lorsqu’on dispose d’une position dominante dans un secteur économique et qu’on exerce un effet systémique sur l’ensemble des acteurs de ce secteur, voire sur l’économie du pays en général”.

La réaction du groupe Akwa ne s’est pas faite attendre et s’est exprimée ce lundi 29 octobre à travers la voix du directeur général d’Afriquia, filiale du groupe de Aziz Akhannouch, Saïd El Baghdadi. Dans les colonnes d’Aujourd’hui le Maroc, ce dernier s’est interrogé sur “le sens de ces attaques (et) les vraies motivations de telles déclarations faites par un personnage qui se prétend expert en la question, d’autant plus que le nom est complètement inconnu du secteur pétrolier”. Saïd El Baghdadi évoque même “une opération dirigée” et ses prétendues “accointances avec un parti politique de la place”, la Fédération de gauche démocratique, qui s’est ralliée au Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole, dont Mohammed Benmoussa est membre du secrétariat national. 

Le communiqué de la CGEM tombera quelques heures plus tard, se désolidarisant avec la position exprimée par Mohammed Benmoussa .“Les propos tenus par Benmoussa n’engagent que lui et ne sauraient exprimer une quelconque opinion de la Confédération”, conclut le communiqué de la confédération présidée par Salaheddine Mezouar, ancien patron du Rassemblement national des indépendants (RNI).