13/08/2018 12h:33 CET | Actualisé 13/08/2018 12h:33 CET

La canicule n'a pas décimé 20% des élevages avicoles marocains selon la FISA

Un chiffre "fantaisiste".

Sven Hagolani via Getty Images

DÉMENTI - “Une déclaration on ne peut plus fantaisiste”. C’est ainsi que la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) qualifie une information qui avait circulé sur certains quotidiens du 5 août selon laquelle la canicule aurait décimé 20% des élevages avicoles marocains. Faux, répond la FISA estimant que ce chiffre induit en erreur le grand public. Et pour cause, précise-t-elle dans un communiqué, “le chiffre ne correspond en aucune manière à la réalité”, tant qu’il ne reflète pas un constat scientifiquement établi.

La FISA souligne ainsi que les services vétérinaires de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) n’ont pas mené d’enquête sur le terrain estimant qu’un tel chiffre est “de nature à déstabiliser le marché et faire le jeu des spéculateurs”. Et de préciser que si le taux de 20% de mortalité était avéré dans le secteur avicole, les prix ne seraient pas restés stables, mais “auraient augmenté pour atteindre des niveaux excessifs”. Les prix sont restés dans une fourchette moyenne de 11 à 13 dirhams le kilo (poulet vif) et le marché national continue d’être “approvisionné à un rythme normal et régulier”, indique la FISA. 

Toutefois, cette dernière reconnaît que la période de la canicule impose une vigilance maximum aux éleveurs avicoles. “Les mortalités des élevages pourraient atteindre 5% à 6%, voire plus”, prévient la fédération. Cette dernière n’exclut pas non plus “qu’il pourrait y avoir des chutes de performances zootechniques de production, qui se traduisent par un ralentissement du cycle de croissance des volailles”. Mais “les taux de mortalité ne sont pas alarmants”, assure-t-elle en procédant à une comparaison par rapport au “taux normal de mortalité d’un élevage bien géré”. 

Principal problème des éleveurs avicoles que souligne la FISA: le chergui (vent chaud) qui représente “effectivement un facteur déstabilisant”. Ce dernier occasionne, affirme-t-elle, “des pertes pour les éleveurs dont la situation financière demeure difficile”.

Et pour y faire face, la FISA rappelle que des subventions pour l’acquisition de matériel de refroidissement des bâtiments d’élevage avicole ont été accordées par le ministère de l’Agriculture en réponse à ses requêtes. Entre autres, pour l’acquisition, par exemple, du matériel de brumisation, le département subventionne 30% du coût avec un plafond de 18.000 dirhams/bâtiment de 500 m² minimum.

De son côté, la FISA indique qu’elle mène une campagne de sensibilisation auprès des éleveurs en diffusant un avis sur l’intérêt de se doter du matériel adéquat en prévision des vagues de chergui de la saison d’été.