MAROC
02/04/2018 09h:53 CET

La blague du 1er avril de "Jeune Afrique" n'a pas du tout plu à Samuel Eto'o

"Je rêve de la présidence comme Jules César rêvait de Rome"... ou pas.

Andres Stapff / Reuters

POISSON D’AVRIL - Tous les Poissons d’Avril ne sont pas drôles, et Samuel Eto’o n’a pas du tout apprécié celui du magazine Jeune Afrique, qui, au détour d’une interview fictive, annonçait sa candidature à l’élection présidentielle camerounaise.

L’article, mis en ligne dimanche 1er avril, s’intitule “Pourquoi je suis candidat à la présidentielle camerounaise.” “Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas occuper le poste de président de la République. Pour paraphraser mon ami Booba, ‘je rêve de la présidence comme Jules César rêvait de Rome’”, écrit Jeune Afrique, pastichant Samuel Eto’o.

 

L’interview s’appuie sur de véritables actualités, comme l’élection de George Weah au Liberia ou la crise anglophone. Mais les réponses de Samuel Eto’o semblent quelque peu décalées. L’intéressé parle de lui à la troisième personne, se dit capable de régler tous les défis auxquels est confronté le Cameroun, et affirme être un modèle pour George Weah, qui l’a pourtant précédé dans le monde du football. “D’ailleurs Samuel Eto’o a dit non au Real Madrid, alors que George Weah a dit oui au Paris-Saint-Germain”, écrit même ironiquement Jeune Afrique.

Problème, si le contenu de l’interview et sa date de publication pourrait mettre la puce à l’oreille des lecteurs avertis, Jeune Afrique n’a pas, dans un premier temps, explicitement indiqué dans l’article qu’il s’agissait d’une blague, comme le souligne Le Parisien. Et plusieurs médias ont relayé l’information, au grand dam de Samuel Eto’o.

Sur Facebook, l’international camerounais a ainsi publié sur Facebook un droit de réponse, épinglant Jeune Afrique mais aussi France 24. Le joueur, qui évolue désormais en Turquie, a jugé le “canular malfaisant, aussi bien sur la forme que sur le fond.” et estime que “les propos tenus à son encontre portent atteinte à son honneur et véhiculent de nombreuses allusions malsaines”.

Il regrette notamment la “légèreté” avec laquelle sont traitées l’élection présidentielle à venir au Cameroun ainsi que la crise anglophone, “une situation qui cause au quotidien la désolation et le deuil dans mon pays”. Depuis un an en effet, des affrontements opposent les forces de l’ordre et les Cameronais anglophones (vivant principalement dans le Nord-ouest du pays), qui s’estime marginalisés par l’actuel gouvernement.

Après la mise au point du footballeur, Jeune Afrique a revu sa copie, précisant dès les premières lignes qu’il s’agissait d’une blague. De mauvais goût, selon Samuel Eto’o.