14/03/2019 16h:19 CET | Actualisé 14/03/2019 16h:21 CET

La Banque mondiale soutient les investissements dans le capital humain au Maroc

Pour renforcer le rôle du Maroc dans l'économie mondiale.

Kypros via Getty Images

ÉCONOMIE - Le Maroc et le Groupe de la Banque mondiale (BM) ont présenté, ce jeudi à Rabat, les objectifs du nouveau cadre de partenariat-pays (CPF) entre le royaume et l’institution financière internationale pour la période 2019-2024. Approuvé le 19 février dernier par le Conseil des administrateurs de la BM, cette entente devra guider le programme d’assistance financière et technique dans le pays afin de soutenir l’ambition du Maroc pour renforcer son avantage concurrentiel dans l’économie mondiale tout en promouvant une prospérité partagée au sein de sa population. 

Les fondements analytiques du nouveau CPF 

Trois principaux travaux d’analyse ont servi de fondements aux priorités et domaines d’intervention identifiés par le nouveau CPF, ont précisé, ce jeudi à Rabat, Marie-Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la BM pour le Maghreb et Xavier Reille, responsable des opérations de la Société financière internationale (IFC). “Ce programme répond aux priorités de l’agenda du gouvernement marocain et des orientations souhaitées par le roi Mohammed VI”, a déclaré ce dernier, lors d’une conférence de presse en présence de Lahcen Daoudi, le ministre chargé des Affaires générales et de la Gouvernance.

Ainsi, le CPF fait peau neuve en tenant compte des enseignements tirés de la précédente stratégie de partenariat de la Banque avec le Maroc (2014-2017) et en s’articulant autour de trois axes d’action stratégiques pour orienter l’appui de la BM: favoriser la création d’emplois dans le secteur privé, renforcer le capital humain et promouvoir un aménagement du territoire résilient et profitant à tous. 

“Le Maroc a enregistré d’importantes avancées économiques et sociales, ce qui a fait grandir les aspirations de la population, en particulier chez les jeunes”, a souligné Marie Françoise Marie-Nelly. “Les autorités marocaines ont lancé des plans ambitieux pour répondre à ces aspirations, et leurs initiatives bénéficieront du soutien total du Groupe de la Banque mondiale. Le Maroc possède un potentiel formidable. Pour le réaliser, il doit investir dans les jeunes afin de leur donner les compétences dont ils auront besoin pour être le moteur de la transformation économique. Et il doit promouvoir le dynamisme du secteur privé, clé de la création d’emplois.

Éducation, emploi et disparités sociales 

Le premier axe s’attardera à accroître la concurrence et à améliorer l’environnement des entreprises, en particulier pour les PME. “Bien que, ces dernières années, le Maroc ait fait des progrès constants en ce qui concerne son classement dans l’indice Doing Business, les petites et moyennes entreprises continuent de se heurter à des obstacles qui entravent leur croissance et leur capacité à créer des emplois”, relève la BM. 

L’enjeu du deuxième axe stratégique portera autour du renforcement du capital humain, afin de doter le Maroc des compétences nécessaires pour soutenir la concurrence dans l’économie mondiale. La BM préconise au royaume de redresser la situation en investissant davantage dans le développement de la petite enfance et dans la qualité de l’éducation à tous les stades d’enseignement mais aussi de moderniser les filets de protection sociale, notamment les performances du secteur de la santé “afin de veiller au bien-être durable de tous les Marocains”, appuie l’institution financière. 

“Ce qui est important et essentiel, c’est la productivité de l’économie marocaine. Il faut agir sur plusieurs facteurs: l’environnement, l’investissement mais surtout sur l’éducation. Quand on regarde l’indice de capital humain du Maroc, il est de 0,49. C’est peu. Il faut réagir et rendre le capital humain marocain plus productif pour que le pays puisse générer plus de richesses et se rapprocher d’un PIB proche de celui de l’Espagne, à titre comparatif”, explique au HuffPost Maroc Marie-Françoise Marie-Nelly.

Un indice national de 0,5, signifie que le “potentiel économique” futur de la population (et du pays dans son ensemble) est amputé de moitié. Ce qui se chiffre, sur 50 ans, à de lourdes pertes économiques, avec une réduction annuelle de 1,4 % de la croissance du PIB, expliquait un rapport de la Banque Mondiale en octobre dernier. 

Pour cela, une éducation de qualité efficace est primordiale et va permettre d’avoir des gens employables qui vont jouer un rôle essentiel dans la transformation économique du Maroc. Il faut qu’il y ait avant tout une volonté et une force commune pour arriver à réaliser ces objectifs.”Marie-Françoise Marie-Nelly

Le troisième et dernier axe de la feuille de route vise les régions les moins développées du pays pour promouvoir la répartition équitable des infrastructures et des services à l’échelle du pays tout entier, “en améliorant la gestion des ressources en eau et la résilience du Maroc aux chocs causés par le changement climatique”, ont précisé les représentants de la BM. 

Conformément à ce nouveau CPF, les administrateurs ont également donné leur aval, il y a quelques semaines, à un projet de 611,3 millions d’euros (soit l’équivalent de 700 millions de dollars) destiné à aider le Maroc à accélérer l’adoption des technologies numériques afin d’en faire une source d’emplois, de croissance et de services de meilleure qualité et de se doter d’une base pour conduire la transformation économique en Afrique du Nord et plus généralement, sur le continent africain.

Enfin, la bonne gouvernance, qui constitue le pilier de la mise en œuvre effective du programme de soutien du Groupe de la Banque mondiale, sera une composante fondamentale de ces trois axes, ont insisté les représentants auprès du ministre Lahcen Daoudi. “Toutes les activités menées au titre du nouveau CPF devront promouvoir une utilisation transparente, responsable et efficace des ressources publiques ainsi que la participation des citoyens.”