12/10/2019 11h:35 CET | Actualisé 14/10/2019 15h:33 CET

La Banque mondiale prédit au Maroc une croissance de 3,3% à l'horizon 2020/2021

Soutenue par les investissements directs à l’étranger.

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Le siège de la Banque mondiale à Washington. 

ECONOMIE - La Banque mondiale (BM) a livré une vision optimiste de la situation économique au Maroc, dans un rapport datant du 9 octobre. “La croissance devrait ainsi s’accélérer progressivement et s’établir en moyenne à 3,3% en 2020/2021, sous l’impulsion d’activités secondaires et tertiaires plus dynamiques, soutenues par des IDE (investissements directs à l’étranger)”, lit-on dans le document. 

L’important flux d’IDE, qui alimentent l’industrie automobile, notamment la nouvelle usine de Peugeot, ainsi que les services logistiques et commerciaux liés à l’extension du port de Tanger, contribue grandement à l’impulsion des activités. 

Tandis que l’inflation “devrait atteindre à moyen terme 1% en moyenne”. Pour pouvoir maintenir la rigueur budgétaire, augmenter les recettes fiscales, améliorer la gouvernance, la surveillance des entreprises d’État, accroître la flexibilité des taux de change et réformer l’environnement des entreprises et les marchés du travail, la BM recommande des réformes soutenues.

La BM considère que la loi de finances 2020 “devrait refléter l’engagement du gouvernement à accroître les dépenses sociales financées grâce au redoublement d’efforts pour mobiliser les recettes et maîtriser certaines dépenses récurrentes”.

Création d’emploi

L’accord sur le dialogue social qui devra engendrer une augmentation de la masse salariale, “ponctionnera un total de 14,2 milliards de dirhams sur le budget de la période 2019-2021 (soit 1,2% du PIB). Le gouvernement, dans sa tentative de maîtrise de la masse salariale, créera de nouveaux postes de fonctionnaires. Ainsi, le déficit budgétaire se resserrera légèrement pour atteindre en moyenne 3,5% du PIB pour 2020-2021, estime l’institution financière. L’IDE “se stabilisera autour de 2% du PIB au cours de la période de prévision”.

Concernant la pauvreté, la BM estime qu’elle a fortement baissé au cours de la première moitié des années 2010. Selon les prévisions basées sur le PIB par habitant, le taux continuera de reculer, mais à un rythme plus lent. A terme, en 2020, l’extrême pauvreté sera inférieure à 1%, tandis que la pauvreté légèrement supérieure à 5%. La BM indique aussi que l’augmentation des dépenses sociales, en plus d’un meilleur ciblage, peut “accélérer le rythme de la réduction de la pauvreté au-delà des prévisions actuelles”, lit-on dans ce rapport. 

 Chômage élevé

Qu’en est-il du taux de chômage? Pour la BM, il a diminué mais reste, toutefois, élevé, surtout chez les jeunes et les femmes. Il diminuera légèrement pour atteindre 9,3% au premier semestre 2019. 

Le PIB réel, pour sa part, devrait continuer de ralentir “pour atteindre 2,7% en 2019, sous l’effet du recul de la production agricole (moins 2,1%). Toutefois, la croissance non-agricole s’améliorera à 3,4% en 2019, contre 3% en 2018. 

Par ailleurs, le déficit budgétaire a, lui, reculé, même s’il reste supérieur à l’objectif à moyen terme de 3% du PIB, à cause des dépenses courantes élevées et rigides. Il se stabilisera à 3,6% du PIB en 2019, en conséquence de la hausse de la masse salariale et des subventions.