TUNISIE
28/01/2019 17h:51 CET | Actualisé 28/01/2019 17h:55 CET

La Banque Mondiale "a beaucoup donné à la Tunisie pour des résultats pas toujours à la hauteur des attentes" estime son vice-président pour la région MENA Ferid Belhaj

Les dons et investissements de la Banque Mondiale en Tunisie n'ont pas eu l'effet escompté, à cause de l'absence de "réformes lourdes", estime le vice-président de la BM pour la zone MENA, Ferid Belhaj.

“La région MENA is open for business” estime le vice-président de la Banque Mondiale pour la zone MENA, le Tunisien Ferid Belhaj, invité sur le plateau de France 24. Selon lui, les jeunes représentent l’avenir des pays de la région MENA.

Mais pour cela, il faut que les conflits politiques internes à certains pays soient réglés. Pour le cas de la Tunisie, Belhaj affirme que la Banque Mondiale a beaucoup donné, avec des résultats souvent loin des espérances, et de la banque, et des Tunisiens. “Tout ça parce que les réformes n’ont pas été aussi profondes” indique-t-il.

La Banque Mondiale avait d’ailleurs appelé le gouvernement tunisien à accélérer les réformes économiques pour booster l’investissement et créer les emplois, à l’occasion d’une cérémonie de signature de deux conventions entre la Banque et la Tunisie en juillet 2018.

Celle-ci a déclaré en marge de la cérémonie avoir accordé à la Tunisie durant l’année fiscale allant du 1er juillet 2017-30 juin 2018, un montant de 930 millions de dollars, soit environ 2 418 millions de dinars, dont 100 millions de dollars (260 millions de dinars) sous forme de dons.

Par contre, les choses s’annoncent meilleures pour le Maroc et l’Egypte, qui comme l’affirme Ferid Belhaj, “font du bon travail” en procédant à de lourdes réformes.

Belhaj explique qu’en dépit de l’instabilité politique et sécuritaire dans certains pays de la région, celle-ci demeure extrêmement prometteuse, forte de son capital humain qui offrira 300 millions de jeunes sur le marché de l’emploi d’ici 2050, et permettra une croissance de la région de 2%.

“300 millions d’énergies, de cerveaux, 300 millions de créateurs. C’est très important de regarder ce qu’on peut tirer de cette énergie là” ajoute-t-il.

Selon lui, le classement Doing Business dans lequel la Tunisie a gagné 8 places en 2019 et s’était positionnée 80ème, n’est pas aussi déterminant que l’indice du Capital humain récemment publié par la Banque Mondiale, lequel met en avant le potentiel conséquent de la région MENA. “C’est un classement qui déterminera la capacité de chacun des pays, à travers l’investissement qu’il mettra dans sa jeunesse, à tracer un avenir sur les 30 prochaines années” ajoute-t-il.

Il estime que la politique de développement de la région MENA doit être établie sur le moyen et long terme. “C’est une région peu ouverte au monde, mais qui possède un potentiel énorme” estime Belhaj.

Interrogé sur l’absence de résultats apparents des investissements de la Banque Mondiale dans certains pays, Belhaj pointe du doigt une “sur-réglementation” et des procédures administratives très souvent longues et pénibles.

“Aux États-unis, la règle dit que tout ce qui n’est pas interdit, est permis. Dans d’autres pays comme ceux de la région MENA, c’est le contraire qui se passe. Tout ce qui n’est pas explicitement permis et répété plusieurs fois, est interdit. C’est ce qui doit changer” décrit Belhaj.

La Banque Mondiale qui estime que le capital humain est un moteur essentiel de la croissance durable et de la réduction de la pauvreté, mise sur les investissement dans les jeunes, notamment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Ainsi, malgré des progrès substantiels dans plusieurs pays, des lacunes importantes dans les investissements en capital humain laissent, selon la Banque Mondiale, le monde mal préparé à l’avenir. Ses efforts visent donc à mobiliser les efforts pour remédier à ces lacunes, et inciter les pays à plaider en faveur de l’investissement dans les ressources humaines.

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