08/05/2018 18h:43 CET | Actualisé 08/05/2018 18h:43 CET

La BAD assure les arrières de la BCP en Afrique

10 mois après l'institution africaine, la BCP appose sa signature.

Banque Centrale Populaire

FINANCE AFRICAINE - C’est fait. Après plus de 10 mois, la Banque centrale populaire (BCP) vient enfin de signer l’Accord de participation aux risques (APR) la liant au groupe de la Banque africaine de développement (BAD). La cérémonie s’est déroulée aujourd’hui entre Kamal Mokdad, directeur général du groupe BCP en charge de l’International et Mohammed El Azizi, directeur général de la BAD pour l’Afrique du Nord.

Il faut dire que la banque marocaine a pris son temps avant d’apposer son contreseing alors que l’institution africaine avait déjà donné son accord en juillet 2017. Un délai qui peut être expliqué par les nombreuses vérifications nécessaires opérées par les experts juridiques de Benchaâboun, mais également par les autorités officielles marocaines, surtout quand il s’agit d’engagements financiers aussi importants à l’international.

En effet, le programme de partage de risques qui vient d’être adopté porte sur un montant d’un milliard de dirhams (100 millions de dollars) et permettra de réaliser un volume de transaction sept fois plus important (700 millions de dollars) d’ici trois ans, précise un communiqué de la BCP. Une première dans le secteur bancaire marocain, insiste le document, même si l’accord couvrira, à terme, près de 90 banques issues d’une trentaine de pays.

D’ailleurs, la BCP ne s’engage concrètement que sur un montant de 50 millions de dollars puisque l’autre moitié est couverte par la BAD selon le principe de partage de risques moitié-moitié. L’APR n’étant au final qu’une opération hors bilan permettant aux banques de réduire leur exposition aux défauts de paiement, aux saisies ainsi qu’aux faillites des entreprises clientes, surtout lorsque ces dernières sont à l’étranger.

Une situation exacerbée par un contexte africain spécifique puisque la majorité des banques du continent affichent une capitalisation faible, ce qui limite leur capacité à obtenir des lignes auprès des banques internationales. Cette difficulté s’est accentuée avec le durcissement des exigences réglementaires en matière de fonds propres et de conformité, ce qui a conduit les banques internationales à réduire leurs engagements ainsi que le nombre de leurs correspondants en Afrique.

C’est donc pour y remédier que ce partenariat a été noué, ce qui permettra de renforcer les flux commerciaux, notamment dans le cadre des efforts consentis par le Maroc pour être davantage présent en Afrique.

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