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19/09/2019 07h:59 CET | Actualisé 19/09/2019 07h:59 CET

L’intimidation tue les élections, pas la révolution pacifique

NurPhoto via Getty Images
Algerian protesters carrying national flags chanted slogans during the student demonstration in Algiers, Algeria on September 17, 2019. - Algeria will hold a presidential election on December 12, 2019. (Photo by Billal Bensalem/NurPhoto via Getty Images)

Les arrestations se suivent comme cela était attendu. Des noms connus comme Lakhdar Bouregaa, Karim Tabou, Samir Belarbi, Fodil Boumala, mais aussi d’autres dont nous ne connaissons pas grand chose, car ils sont tout simplement des Algériens qui ont cru au changement comme objectif et ont oeuvré pour cela de manière totalement pacifique. 

On n’a pas trouvé d’arme chez ceux qui ont été arrêtés et ils sont des dizaines, des centaines, nous ne connaissons pas leur nombre. Nous savons cependant parfaitement qu’ils manifestent pacifiquement pour le changement d’un régime arrivé à sa fin. Nous n’avons jamais entendu dire que l’un d’eux a été accusé de recourir à la violence ou d’y inciter. 

En un mot, ce sont les enfants de la révolution pacifique dans laquelle se sont engagés des millions d’Algériens depuis son commencement, le 22 février. 

Cette campagne d’arrestation va se poursuivre et risque d’être encore plus féroce les prochains jours. Son seul but est d’en finir avec la révolution pacifique. C’est devenu pour le pouvoir un objectif plus important que l’organisation des élections. 

Ces arrestations se basent sur l’hypothèse que la révolution pacifique va mourir du fait de la mise à l’écart de certaines figures, objets d’un intérêt soutenu des médias, au point où le pouvoir s’est convaincu que ce sont elles qui appellent à manifester et qui organisent les manifestations. Mais la vérité que connaissent tous ceux qui descendent dans la rue est toute autre. 

Les manifestations du mardi dernier ont été un message clair. Les  étudiants, et les citoyens qui les soutiennent dans leurs marches, ont répondu à la politique d’intimidation. Les prochains jours montreront que le pouvoir se trompe dans sa lecture de ce qui se passe. Et que  les dernières arrestations sont un choix erroné car elles ne feront qu’accroître la détermination des Algériens à changer ce régime qui menace aujourd’hui de leurs confisquer leurs libertés fondamentales après avoir mis le pays au bord de l’effondrement. 

Un climat de peur n’a jamais été propice à l’organisation de n’importe quelle élection. Un pouvoir qui a recours aux intimidations nous prouve que faire taire les Algériens et tuer leur révolution pacifique est devenu plus important que les élections. Quand un avis unique est imposé et quand la liberté n’est plus, les élections deviennent des instruments pour le vol de la volonté populaire et non pour permettre son incarnation.

Traduit par le HuffPost Algérie - Article original