MAROC
15/03/2019 11h:36 CET

Québec: Un institut de recherche recommande de maintenir l'accueil de 50.000 immigrants par an

Une étude qui prend le contre-pied de la politique de l'exécutif de droite dans la province canadienne.

Pgiam via Getty Images

MIGRATION - Le gouvernement québécois a décidé, pour 2019, de durcir sa politique migratoire. Il veut désormais accueillir un maximum de 40.000 personnes par année, soit 10.000 personnes de moins que pour l’année 2018, au travers d’une sélection plus rigoureuse. Prenant le contre-pied de cette nouvelle orientation, Julia Posca, chercheure à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (Iris), vient de publier un rapport qui recommande au Québec de ne pas modifier sa loi.  

En préambule de son étude, Julia Posca revient sur le projet de loi du gouvernement, “visant à accroître la prospérité socioéconomique du Québec et à répondre adéquatement aux besoins du marché du travail par une intégration réussie des personnes immigrantes (PL9)”. “Le projet propose la révision des critères de sélection des candidats à l’immigration, particulièrement en matière d’arrimage entre les habiletés professionnelles et les besoins du marché du travail québécois”, rappelle la chercheure. Le PL9 prévoit, dans ce sens, l’annulation de toute demande présentée avant la révision du texte le 2 août 2018 ; une décision que la Cour supérieur avait d’ailleurs dénoncé fin février dernier. 

“Le premier ministre québécois a-t-il raison de dire qu’il faut accueillir moins d’immigrants pour faciliter leur intégration, et le projet de loi 9 contribuera-t-il à atteindre cet objectif?”, se demande l’Iris dans son étude. 

L’employabilité des migrants en hausse depuis plusieurs années

L’étude souligne que le taux d’emploi des immigrés tend vers la hausse depuis 10 ans, contrairement aux arguments présentés par le gouvernement local. “Toutes les statistiques et indicateurs montrent une amélioration du sort des personnes issues de l’immigration. Leur taux d’emploi est en hausse constante depuis 2009, dépassant même celui de l’Ontario”, a expliqué l’institut dans un communiqué. D’après les données de l’agence gouvernementale Statistique Canada, le taux d’emploi de la population immigrante au Québec est passé de 70% en 2009 à 79% l’an dernier.

IRIS

L’Iris relève toutefois que l’écart persiste toujours entre le taux d’emploi des personnes immigrées et celles nées au Canada, notant aussi que plus de la moitié des immigrants accueillis maîtrisent déjà la langue française à leur arrivée. La proportion d’immigrants qui connaissent le français est en hausse depuis les années 1980, tandis que la proportion de gens qui ne parlent que l’anglais, ou ni le français ni l’anglais, affiche une tendance à la baisse.

Le Québec devrait donc maintenir sa politique d’accueil de 50.000 migrants par an, assure le rapport en conclusion. “Le gouvernement doit cependant allouer un budget conséquent aux différents acteurs qui viennent en aide aux personnes immigrantes (...) si l’État souhaite atteindre l’objectif qu’il s’est donné de ‘mettre en place une offre de services efficace et personnalisée en matière de francisation et d’intégration’”.