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20/09/2019 10h:56 CET | Actualisé 20/09/2019 10h:56 CET

L’énigmatique Kais Saied, son projet et ses réseaux

La “révolution conservatrice”, qui a précédé le triomphe du nazisme, n’avait-elle pas réuni des courants encore plus divers que la connexion à l’origine de la victoire de Kaïs Saied?

Muhammad Hamed / Reuters

“Le fanatique (…) est incorruptible: si pour une idée il peut tuer, il peut aussi bien se faire tuer pour elle ; dans les deux cas, tyran ou martyr, c’est un monstre” Cioran

Les résultats des élections présidentielles du 15 septembre de 2019 en Tunisie, placent les Tunisien(ne)s devant un choix difficile :

  • Un affairiste véreux derrière les barreaux pour blanchiment d’argent et évasion fiscale, Nabil Karoui, patron de la chaine de télévision Nessma qui lui a permis de jouer un rôle politique à l’origine de “l’accord ente les deux vieux” en 2013, d’un réseau caritatif portant le nom de son fils décédé, “Yarham Khalil” et, depuis le début de ses tracas avec la justice, d’un parti politique, Qalb Tounis (Le Cœur de la Tunisie), présentant des candidats aux législatives  du 6 octobre 2019 dans toutes les circonscriptions.

  • Un énigmatique personnage, Kaïs Saied, qui s’est illustré par ses interventions à la télévision au lendemain de la révolution comme expert en droit constitutionnel, parlant comme un robot – d’où le surnom qu’on lui a donné, Robocop – avec des accents identitaires conservateurs sur lesquels on reviendra pour décrypter son profil politique, à travers ses discours et ses liens avec les réseaux qui ont contribué à son élection.

Le résultat des élections traduit l’échec, à des degrés différents, de la classe politique d’avant et d’après la révolution de 2010-2011 ; une classe politique qui n’a su renouveler ni son discours, ni ses structures, ni ses pratiques pour répondre aux attentes des jeunes, des populations et des régions défavorisées dont les aspirations ont porté la révolution contre le régime de Ben Ali, et dont la mobilisation a conduit à la chute de ce régime. Ils sont, avant tout, la sanction des politiques qui ont tourné le dos aux objectifs de la révolution que ce soit en termes socio-économiques, culturels ou politiques : le chômage au lieu de reculer s’est amplifié, la paupérisation et la détérioration du pouvoir d’achat affectent de secteurs de plus en plus larges de la société, la valeur du dinar a chuté de façon spectaculaire, l’économie s’enlise, tous les services publics (santé, enseignement, transports, etc.) se détériorent, les inégalités sociales et entre les régions se creusent, tous les indicateurs socio-économiques attestent une aggravation sans précédent de la situation du pays, les institutions politiques, et en premier lieu le Parlement, sont bloquées par les querelles partisanes, la Cour Constitutionnelle, l’instance de lutte contre la corruption et d’autres structures devant voir le jour depuis le début de la législature en cours ne sont pas mises en place, etc. 

 

            Kaïs Saied: Un profil clivant

Si le parcours et le profil de Nabil Karoui sont clairs pour tout le monde et semblent faire l’unanimité de tous les observateurs qui y voient un exemple de la corruption qui s’est développée sous le règne de Ben Ali et qui s’est amplifiée depuis la révolution de 2010-2011 ; il n’en est pas de même pour son rival du second tour, Kaïs Saied. Beaucoup d’observateurs s’accordent pour souligner son conservatisme aux accents identitaires. Cependant, il continue à être perçu diversement y compris par ceux qui se sont ralliés à lui pour appeler à voter pour lui au second tour : Un dirigeant islamiste, comme Mohamed Ben Salem, tout en disant qu’il votera pour lui, y voit un laïque gauchiste extrémiste, voire un anarchiste et donne comme argument son alliance avec Ridha Chiheb El Mekki, (alias Ridha Lénine) qui se présente comme l’un des “cerveaux du projet”. D’autres le considèrent comme un salafiste intégriste en s’appuyant sur ses déclarations en faveur de la peine capitale, son refus de l’égalité entre les hommes et les femmes, ses propos homophobes présentant les homosexuels comme des malades subventionnés par l’occident pour pervertir les sociétés musulmanes, son interprétation de l’article 1 de la constitution et de la nécessité de prendre en compte les finalités de la charia, ses liens avec Hizb Al-Tahrir dont le chef a fêté avec lui, dans ses locaux, sa victoire au première tour, mais aussi avec Seifeddine Makhlouf, et son refus de condamner Ançâr Al-Charî‘a considérant que le terrorisme est une création de l’étranger, etc. Les divergences à son sujet opposent jusqu’à ses collègues juristes qui le connaissent depuis les années 1980.

Ainsi, Slim Laghmani, tout en précisant qu’il ne votera pas pour son adversaire, pense qu’il “n’est réductible à aucune idéologie, mais il est habité par une idée [qui] est à la fois utopique et dangereuse”. (Slim Laghmani, sur sa page facebook du 17/09/2019 à 00 :32).

Son Professeur Yadh Ben Achour, quant à lui, dit : “Kais Saied n’était pas mon choix. Pour autant, je suis fier pour lui et pour moi (…). Je connais bien Kais Saied, un de mes anciens étudiants. Il est effectivement ultra-conservateur, mais il n’est pas islamiste, et il ne fait pas de ses convictions personnelles des questions prioritaires. Il a pour immense qualité d’être foncièrement honnête, avec une rigueur toute janséniste. Avec lui, la Tunisie aura un chef de l’État inattaquable (…). Il y a un espoir qu’avec Kais Saied, le paysage politique soit rénové”. (African Manager -, Y. BEN ACHOUR 18/09/2019)

Dans le même sens, Farhat Horchani déplore une “campagne médiatique parfois féroce [qui]s’abat sur Kaïs Saied” qu’il juge “profondément injuste”. Pour lui: “Kaïs Saied n’est pas salafiste. Il n’est pas intégriste. Il n’est pas islamiste. Il est conservateur, comme le sont beaucoup de Tunisiens, jeunes et moins jeunes. On peut ne pas être d’accord avec certaines de ses idées conservatrices, mais on ne peut le dénigrer”. Il ajoute: “Kaïs Saïed est respectueux des droits et des libertés. Il est fervent défenseur de la légalité constitutionnelle, de la démocratie et de la forme républicaine du régime, de la force du droit positif produit par les représentants du peuple dans le cadre d’une assemblée démocratiquement élue. Kaïs Saied est respectueux de la constitution de 2014, de ses articles premier sur l’identité de l’Etat et deuxième sur le caractère civil de l’Etat et son fondement citoyen, de l’article 21 sur l’égalité entre les femmes et les hommes, de l’article 6 sur la liberté de conviction et de conscience, sur la prohibition de l’incitation à la haine et à la violence”. (Leaders NEWS - 17.09.2019)

D’autres appréciations se situant entre l’éloge et le rejet se distinguent par des focalisations sur tel ou tel point des discours, du parcours et des liens d’un personnage qui reste d’autant plus énigmatique qu’il a fait une campagne discrète où il a peu développé son projet et sa vision. Pour essayer de cerner un tant soit peu le profil et le projet de celui qui sera fort probablement le Président de la République tunisienne, je vais partir de ses déclarations les plus connues, avant et après son marathon électoral, ainsi de ce qu’on commence à connaître de son parcours depuis janvier 2011 et de ses liens avec les réseaux qui se sont mobilisés pour son élection.

 

Discours et projet de Kaïs Saied

Les déclarations de Kaïs Saied concernant un certain nombre de sujets importants peuvent nous aider  à avoir une idée de son profil et de son projet politique : sa conférence concernant l’article 1 de la constitution “Dînuhâ al’islâm” (Sa religion et l’islam) et ses implications quant au statut de la charia ; ses interviews accordées au journal Al-châri‘ al-maghâribî le  12 juin 2019 et le 18 septembre 2019 dans lesquelles il donne une idée sur ses orientations politiques et sa conception de l’organisation de l’Etat ; ses déclarations au sujet de l’égalité en héritage, de la peine capitale, de l’homosexualité, déclarations qu’il n’a jamais démenties ; bien au contraire, il les confirmées tout en essayant, depuis le premier tour, de rassurer quant aux acquis de la femme et aux libertés.

Sur le plan sociétal, on retient:

  • son refus de l’égalité en héritage considérant que cette demande n’émane pas de la société tunisienne et qu’elle émane de la Communauté Européenne qui veut imposer sa volonté en empiétant de façon flagrante sur la souveraineté d’un Etat indépendant, et que le Coran a tranché clairement cette question, ajoutant que c’est pour cela que Bourguiba lui-même a rejeté l’égalité en héritage ;

  • son refus d’abolir la peine capitale ;

  • la condamnation de l’homosexualité qu’il considère comme une déviation en ajoutant que les associations d’homosexuels sont financées par l’étranger pour pervertir la communauté (oumma),

  • s’il dit reconnaître les libertés, il conditionne leur prise en compte par la préservation de la société ; ainsi, pour le non jeûne du ramadan, il précise que cela ne doit pas être une provocation à l’égard de la société ; dans sa conférence de presse du 18 septembre 2019 et l’interview accordée en marge de cette conférence au journal Al-chari‘ al-maghâribi, il revient à cette question en disant : «  Je ne suis pas contre les libertés ; toute personne est libre en elle-même (كل شخص حر بذاته) … Cependant, il faut aussi préserver la société  (ولكن أيضا لابد من المحافظة على المجتمع )».

Ces positions cadrent avec son interprétation de l’article 1 de la constitution dans le sens de l’institution de l’islam comme religion de l’Etat, clairement affirmée dans sa conférence pré-citée, et en accord avec l’interprétation des islamistes de ce même article, que ce soit dans la constitution de 1959 ou dans la constitution de 2014. Elle cadre aussi avec la place qu’il accorde à la charia dont les finalités doivent inspirer la législation.

Ces positions s’intègrent dans une conception identitaire conservatrice complotiste qu’on retrouve dans les discours de tous les mouvements identitaires les plus conservateurs de tous les pays. Elles sont prônées, en Tunisie, aussi bien par les salafistes de Hizb Al-Tahrir que par les islamistes d’Ennahda et les autres expressions de l’islam politique, ainsi que par les courants nationalistes arabes devenus, depuis des décennies, des chantres de l’identité arabo-musulmane, et qui se sont ralliés à sa candidature soit avant le premier tour soit après sa qualification pour le deuxième tour.

Ces positions trouvent leur cohérence dans un discours identitaire mêlant nationalisme arabe, moralisme conservateur, références religieuses qui lui valent des sympathies dans les différentes expressions de l’islam politique, un certain populisme doublé d’une vision de l’Etat, à rebâtir de bas en haut. Dans les situations de transition qui n’arrivent pas à s’accomplir, la mobilisation sur la base de ce genre de discours populiste attrape-tout est très dangereuse et peut favoriser les monstres qui, selon l’expression de Gramsci, surgissent dans ce “clair-obscur” entre un monde qui meurt et un autre qui n’arrive pas à naître. De ce point de vue, Slim Laghmani a raison de dire que Kaïs Saied, qu’il connait depuis 1984, “est habité par une idée politique, […qui ] est à la fois utopique et dangereuse”.

 

Conception de l’organisation politique

Comme pour toutes ses idées relatives à son projet politique, Kaïs Saied fait quelques allusions à sa conception de l’organisation de l’Etat sans vraiment la développer. En effet, bien qu’universitaire, Kaïs Saied n’écrit pas beaucoup. Nous n’avons pas de livres qui exposent et développent sa vision, donnent les théories auxquelles il se réfère ou qu’il réfute. Nous n’avons que ses déclarations reprises dans des vidéos et des interviews accordées à la presse. Que peut-on retenir de ce qu’il dit dans ses déclarations à ce sujet? Dans sa conférence de presse du 18 septembre 2019, il reprend ce qu’il avait dit le 11 juin après le dépôt de sa candidature. “Aujourd’hui nous avons une constitution et des lois qu’on doit respecter mais qui sont toujours susceptibles d’être modifiées. C’est ce que j’ai proposé depuis 2011 au sujet des élections. L’élu doit être responsable devant ses électeurs et cela peut être dans le cadre de circonscriptions restreintes. La confiance peut être retirée à l’élu en qui on n’a plus confiance … L’explosion révolutionnaire que la Tunisie était une grande irruption sans précédent dans l’histoire et elle exige de nouveaux outils juridiques … Elle est partie de l’intérieur, du local, pour atteindre son apogée au niveau central, en passant par le régional. Il fallait que la construction procède de la même façon que cette explosion. J’ai proposé que la construction parte du local vers le central en passant par le régional sur la base de l’élection dans le cadre d’assemblées locales au niveau des délégations. Le candidat ne peut être accepté que sur la base du parrainage (tazkiya) d’un nombre d’électeurs et d’électrices pour préserver les droits de la femme, afin que ces droits ne soient pas remis en cause et que la femme soit un acteur réel ... Le conseil élabore un projet de développement local. Ensuite, il sera procédé à la synthétisation des différents projets ainsi élaborés localement.[…] L’important est de faire de la volonté du peuple  une constitution … Cela exige la révision de la constitution”.

Il ajoute: “La prochaine étape est celle de la construction de l’Etat”. Avec un tel schéma, que nous trouvons plus développé dans les écrits du directeur, selon les uns, ou de l’architecte politique, selon d’autres, de sa campagne Ridha Chiheb El Mekki, alias Ridha Lénine, et de ses camarades des “Forces de la Tunisie Libre”, du “Mouvement de la Jeunesse Tunisienne” et d’autres composantes de ce qui se présente comme “Le Courant Révolutionnaire” revendiquant la victoire de Kaïs Saied, nous sommes loin du portait que dresse son collègue Farhat Horchani qui le dépeint comme un “fervent défenseur de la légalité constitutionnelle” “respectueux de la constitution de 2014, de ses articles premier sur l’identité de l’Etat et deuxième sur le caractère civil de l’Etat et son fondement citoyen, de l’article 21 sur l’égalité entre les femmes et les hommes, ....” (op.cit) “L’Etat est à reconstruire”, donc à abattre et non à défendre contre ceux qui le dépècent.

L’explosion révolutionnaire exige “de nouveaux outils juridiques” et le mode d’organisation politique, de bas en haut, exige la révision de la constitution et des lois. Que seront réellement ces “assemblées” locales fédérées? Des “soviets” inspirés par la culture de son plus proche collaborateur, Ridha Lénine? Des “comités populaires” de la “Jamâhiriyya” de Kadhafi inspirés par la culture des certains courants nationalistes participants aux réseaux derrière la campagne électorale de Kaïs Saied? Un prolongement des Comités de Protection de la Révolution qui ont vu le jour lors des sittings de Kasbah 1 et Kasbah2 et dont il ne reste que les milices de Dghij et Rékoba qui disent être les inspirateurs de la candidature de Kaîs Saied et qui fêtent sa victoire tout autant que son rival du premier tour, le salafiste Seifeddine Makhlouf, et Ridha Belhaj du non moins salafiste Hizb Al-Tahrir?  

Ce qui incite à la méfiance, outre les déclarations relatives à l’égalité en héritage, aux homosexuels, à la peine capitale, à l’interprétation de l’article 1 de la constitution et au statut de la charia, à la reconstruction de l’Etat, à la révision de la constitution, etc., c’est le mélange explosif qui caractérise la connexion des réseaux qui ont porté sa candidature au premier tour et qui sera aggravé par les ralliements en cascades depuis sa qualification au deuxième tour. On y retrouve quasiment tous les courants qu’il a côtoyés lors des sittings de Kasbah 1 et 2, dans les premiers mois qui ont suivi la révolution, et avec lesquels il semble avoir gardé le contact, et qui prennent aujourd’hui, à travers sa victoire, leur revanche sur les partis de la Coupole d’Elmenzah. Ces courants vont des salafistes les plus intégristes aux expressions les plus radicales de l’extrême gauche, en passant par les islamistes déçus par Ennahda. Trahis par la Troïka, et marginalisés par l’alliance entre Rached Ghannouchi et Beji Caïd Essebsi, ainsi que par les gouvernements successifs depuis la fin du règne de Ben Ali, ces courants sont en passe de reprendre l’initiative. Le ralliement d’Ennahda, de Marzouki, d’Abbou, et de ceux qui ont contribué à leur marginalisation va-t-il leur ravir “l’oiseau rare” à travers lequel ils opèrent leur retour?

Ces ralliements, ajoutés à son image d’homme “droit”, “honnête” et “incorruptible”, image qui contraste avec celle de son rival du second  tour qui ne peut que compromettre définitivement l’avenir politique de ceux qui le rallieront, assurent à Kaïs Saied la victoire au second tour qui fera de lui le prochain Président de la République ; un président qui, comme le précise, à raison, Slim Laghmani (op.cit), ne sera pas un pantin (tartour) comme le fut Marzouki.   

 

Conclusion

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire qu’on voit une telle connexion de courants aussi divers derrière un personnage qui dédaigne les partis et le parlementarisme, qui refuse les alliances, qui réclame l’adhésion à son projet, sur lequel il s’est montré jusqu’ici avare en précisions pour ratisser large ; autrement dit, il demande l’allégeance sans négociation de quoi que ce soit avec qui que ce soit. D’autres pays, naissant à la démocratie et passant par un contexte de désenchantement, ont connu ce phénomène : l’Italie et l’Allemagne après leur défaite lors de la Première guerre, la France vaincue par les armées de Hitler pendant la Seconde guerre, l’Espagne dans les années 1930, etc. La “révolution conservatrice”, qui a précédé le triomphe du nazisme, n’avait-elle pas réuni des courants encore plus divers que la connexion à l’origine de la victoire de Kaïs Saied?  

En effet, elle réunissait un éventail allant des intellectuels  qui prolongeaient, en s’en distinguant, le traditionalisme allemand, comme Arthur Moeller van den Bruck et Walter Laqueur appelant à la rupture avec ce qui avait altéré l’identité de l’Allemagne depuis les Lumières, à Ernest Niekisch, fondateur du national bolchévisme, en passant par les frères Jünger et le juriste Carl Schmitt, critique de l’Etat libéral, ingrédients qui vont contribuer à l’élaboration d’une idéologie alliant nationalisme belliciste et socialisme populiste. En demandant, droit dans ses bottes, l’allégeance et l’acceptation de son projet sans négociation, Kaïs Saied ne se prend-il pas pour un “führer”, un “duce” ou un chef suprême garant du salut de la patrie? A-t-il, ou va-t-on lui donner, les moyens de devenir un Mussolini ou un Hitler? Cela dépend de la marge de manœuvre que lui laisseront ceux qui se rangent derrière lui, des résultats des élections législatives qui auront lieu avant le second tour de la présidentielle. Les partis qui se sont ralliés à lui seront-ils  majoritaires et, si oui, auront-ils le courage et les moyens de lui résister? La crise politique est déjà assez grave, ne risque-t-elle pas de s’enliser et de s’approfondir dangereusement? Si le parlement et les institutions ne jouent pas leur rôle, la société civile sera appelée, comme en 2013, à se mobiliser pour faire barrage au projet de Kaïs Saied et à ses soutiens parlementaires.   

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