ALGÉRIE
14/10/2019 09h:47 CET

L’Autorité palestinienne recherche d’autres partenaires commerciaux qu’…Israël

La tentative de déconnexion de l’économie palestinienne d’Israël se mène sur fond d’obstination de Tel Aviv à retrancher des revenus des impôts et taxes qu’il doit reverser à l’AP des sommes correspondant prétendument aux allocations versées par celle-ci aux détenus palestiniens dans les prisons israéliennes qualifiés de " terroristes", ainsi qu’à leurs familles.

ASSOCIATED PRESS
A Palestinian fisherman walks under Palestinian and Turkish flags at a memorial site in memory of nine Turkish activists who were killed in a deadly raid by the Israeli army on a Turkish aid ship bound for the Gaza Strip last year, in the port of Gaza City, Tuesday, July 5, 2011. Greek authorities have detained two Canadians and one Australian linked to a flotilla that seeks to leave Greece for the Gaza Strip, pro-Palestinian activists said Tuesday. (AP Photo /Adel Hana)

L’Autorité palestinienne (AP) œuvre à alléger la dépendance de la fragile économie palestinienne d’Israël, en essayant de varier la provenance de ses importations.

Selon Egypt Today, le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh, en visite au Caire, a déclaré qu’une liste de marchandises importées de l’Etat hébreu avait été soumise aux Egyptiens, à qui il est proposé d’être pour l’AP un partenaire commercial alternatif.

Mohammad Shtayyeh a rappelé que la balance commerciale palestino-égyptienne ne dépassait pas 160 millions de dollars et qu’elle ne reflétait pas la force des liens unissant Palestiniens et Egyptiens.

Le Premier ministre palestinien a expliqué que cette recherche d’autres partenaires commerciaux qu’Israël ne se faisait pas en transgression des engagements de l’AP envers Tel Aviv. Selon lui, l’accord de Paris l’autorise bien à importer d’Egypte des matériaux de construction, des produits agricoles et des équipements électriques.

Signé en avril 1994 dans le sillage de l’Accord d’Oslo, l’accord de Paris organise les relations économiques entre l’AP et Israël dans les domaines douanier et bancaire, entre autres.

 

Vers une “crise économique” avec Tel Aviv ?

Cette volonté d’alléger la dépendance économique vis-à-vis d’Israël prend d’autres formes comme, par exemple, la décision d’interdire d’en importe des animaux de boucherie.

Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, cette décision, prise le 9 septembre 2019, a provoqué en Israël, le 9 octobre 2019, des manifestations près du domicile du Premier ministre Benyamine Netanyahou et de la Knesset (parlement israélien), organisées par les importateurs israéliens d’animaux de boucherie vendus dans les territoires palestiniens.

La tentative de déconnecter la fragile économie palestinienne d’Israël est menée sur fond d’obstination de Tel Aviv à retrancher des revenus des impôts et taxes qu’il doit transférer à l’AP des sommes correspondant prétendument aux allocations versées par celle-ci aux détenus palestiniens dans les prisons israéliennes qualifiés de “terroristes”, ainsi qu’à leurs familles.

Cette décision israélienne a été la traduction d’une loi adoptée en juillet 2018 par la Knesset. Les sommes retenues se sont élevées en 2018 à 138,64 millions de dollars.

Israël, en vertu de l’accord de Paris, doit reverser à l’AP les revenus des droits de douane et de la TVA qu’il prélève sur les marchandises importées par les habitants des territoires palestiniens occupés.