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11/04/2019 09h:20 CET | Actualisé 11/04/2019 09h:20 CET

L’auto-organisation de la Révolution citoyenne s’impose comme une urgence vitale

Associated Press

La dynamique du 22 février 2019 est un élan populaire inédit, qui exprime un éveil et une conscience extraordinaires. Ce mouvement de protestation et de réappropriation des libertés et des espaces publics, a réussi à vaincre la peur, le doute et le désespoir qui ont gagné les cœurs des Algériens.

Ce processus caractérisé par des marches grandiose à travers tout le pays, a rendu à l’Algérie et à l’Algérien leur fierté et a changé l’image du pays et des Algériens aux yeux du reste du monde. La première victoire de ce mouvement national de contestation, est la démission de Bouteflika et la mise hors d’état de nuire de sa famille. Cependant, la bande mafieuse prédatrice est toujours là, pariant sur l’essoufflement du mouvement citoyen que d’aucun qualifie de Révolution, pour rebondir et se repositionner dans la perspective d’échéances politiques et électorales.

L’intronisation de Abdelkader Bensalah à la tête de l’Etat, en application des dispositions de la Constitution, n’est pas un échec pour le mouvement, même si elle constitue une manœuvre machiavélique et diabolique d’un système opportuniste aux abois qui ne se réfère à la Constitution que quand cette dernière l’arrange. Les exigences du peuple sont pourtant claires et nettes : “l’engagement immédiat d’un processus de changement radical du système devant permettre l’avènement d’une nouvelle république dont les institutions seront l’émanation de la volonté populaire, avec une nette séparation des pouvoirs, insistant sur l’indépendance totale de la justice, sur la citoyenneté pleine et entière, sur l’égalité des citoyens devant la loi, sur le strict respect des libertés fondamentales individuelles et collectives, sur une justice sociale avec une égalité des chances pour tous, un réel équilibre régional, bannissement de l’Etat jacobin et une décentralisation effective du pouvoir et des centres de décision économique, sociale et culturelle…garantissant le développement et le progrès du pays à travers une répartition juste et équitable des richesses et des compétences…”.

Les marches périodiques à travers tout le pays sont utiles mais ne sont pas suffisantes pour peser de tout notre poids sur les tenants du pouvoir afin de les obliger à satisfaire nos revendications. Pour l’heure, nous avons l’impression que nous sommes face à un pouvoir autiste.

C’est pourquoi nous devons nous structurer à la base de façon verticale à travers des comités de quartiers, d’entreprises, de facultés, d’administrations, et de façon horizontale en désignant nos représentants locaux intersectoriels afin de coordonner nos actions et harmoniser notre discours et nos revendications. C’est grâces aux débats qui auront lieu au sein de nos comités locaux, intermédiaires et nationaux que nous dégageront notre plate-forme nationale et notre feuille de route qui seront l’émanation du peuple et l’expression de sa volonté et de sa souveraineté.

C’est au sein de ces comités que l’apprentissage et la praxis de la démocratie se feront et que la confrontation des idées permettra l’émergence de notre élite et de nos délégués qui négocieront en notre nom le cas échéant. Sans cette auto-organisation, notre dynamique risque de s’essouffler et perdre ainsi les quelques acquis de cette belle révolution pacifique.

Donnons encore une fois l’exemple au monde qui nous regarde, et aux peuples qui aspirent comme nous à la liberté, à la dignité, au progrès, en donnons à notre révolution les moyens de sa réussite.