ALGÉRIE
19/09/2019 08h:12 CET

L’Alternative démocratique dénonce “un état de siège qui ne dit pas son nom” autour d’Alger

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Les forces de l’Alternative démocratique ont dénoncé, mercredi, l’institution d’un “état de siège qui ne dit pas son nom” autour de la capitale à la suite des mesures annoncées par le général Ahmed Gaïd Salah, dans un discours prononcé à la 6eme région militaire, à Tamanrasset.

Réunis “en urgence” au siège du parti des travailleurs, les forces de l’Alternative démocratique estiment que les développements en cours “vont à l’encontre de la démocratie”, “risquent de pousser le pays vers la dislocation” et sont “susceptibles de provoquer l’ingérence étrangère”.

Pour les signataires du communiqué, la remise en cause de la liberté de circulation des citoyens survenant après les “arrestations et emprisonnements arbitraires” contre des responsables politiques et des citoyens constitue une dangereuse escalade. 

“Après les arrestations et emprisonnements arbitraires qui ont touché des responsables politiques et des dizaines de citoyens et la remise en cause des droits fondamentaux (liberté de manifestation, de réunion, d’organisation, de presse, d’opinion…), le vice-ministre de la défense qui a multiplié les discours belliqueux vient de franchir un nouveau pas en interdisant, par un simple discours, aux Algériennes et aux Algériens d’exercer un droit fondamental arraché de hautes luttes et inscrit dans la constitution, celui de circuler librement sur tout le territoire national.”

Le chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah a déclaré avoir donné des “ instructions à la gendarmerie nationale” pour empêcher la venue de manifestants “d’autres wilayas”. Il a demandé “l’application rigoureuse des réglementations en vigueur, y compris l’interpellation” et la saisie “des véhicules et des autocars utilisés”, ainsi que la délivrance d’“amendes à leurs propriétaires”.

Cette mesure  “anticonstitutionnelle et antidémocratique”, indique le communiqué de l’Alternative démocratique, “ risque d’ouvrir la voie à tous les dérapages car instituant autour de la capitale un état de siège qui ne dit pas son nom.”

Appel à maintenir la mobilisation

L’Alternative démocratique note que ces mesures autoritaires “prises par un pouvoir de fait, illégitime et rejeté par l’immense majorité du peuple” ont été annoncées au lendemain de la convocation à des élections présidentielles (12 décembre 2019), lesquelles sont “rejetées par les millions d’Algériennes et d’Algériens qui n’ont pas cessé de l’exprimer pacifiquement depuis des mois.”

Les forces de  l’alternative démocratique réaffirment que la solution n’est pas dans l’organisation des présidentielles,   “dénoncent la volonté de passage en force du pouvoir” et appellent les Algériennes et Algériens à maintenir leur mobilisation.

“Les mesures répressives, les pratiques liberticides, l’instrumentalisation de la justice et la mise au pas de toutes les institutions de l’Etat par le pouvoir en place dans l’objectif de sauvegarder le système conduisent le pays vers une impasse aux risques dramatiques pour la nation” avertit l’Alternative démocratique qui exige la “ levée de toutes les entraves à l’exercice des libertés démocratiques” et la “ libération de tous les détenus (es) politiques et d’opinion”. 

Les forces de l’Alternative réaffirment leur attachement à un “processus constituant souverain” permettant au “ peuple algérien de choisir souverainement et librement la nature des institutions à mettre en place.”