TUNISIE
10/01/2019 08h:36 CET

Khouyoul: Quand la confiance se danse

“Ce sont deux corps qui essayent de trouver une symbiose, comme un cheval et sa monture”

“Une symbiose magique, c’est ce qu’il faut pour la Tunisie”. C’est une symbiose entre les humains, adultes et enfants, qu’on retrouve dans le spectacle Khouyoul.  

“Horses” en Belgique, “Khouyoul” en Tunisie. La danse outrepasse les frontières des pays, mais surtout celles ancrées entre les générations.

Ecrit par Kabinet K, des chorégraphes Joke Laureyns et Kwint Manshoven, le spectacle de danse déconstruit, dans sa méthodologie, les normes sociales.

Khouyoul met en scène une construction sociale où le respect mutuel intergénérationnel règne. Sans “violence hiérarchique”, dit la description.
Le spectacle aborde ce rapport entre l’adulte et l’enfant, qui se base ici sur le respect mutuel, et où la confiance prend les commandes ; la confiance en soi et la confiance en l’autre.

“Ce sont deux corps qui essayent de trouver une symbiose, comme un cheval et sa monture”, décrit Joke laureyns.

C’est dans le cadre du programme “Déconstruire la violence par l’Art”, lancé par l’association l’Art Rue, que les chorégraphes ont été invités à réécrire cette oeuvre chorégraphique, avec des danseurs tunisiens, sous une musique tunisienne, écrite pour le spectacle et interprétée en live.

“Le spectacle a été réécrit, avec une nouvelle musique et des danseurs tunisiens”, explique Béatrice Dunoyer, Directrice des programmes au sein de l’association, “Cela dit, il n’existe pas de grandes différences entre les peuples, que l’on soit en Belgique, en Tunisie ou ailleurs, on retrouve la même énergie”.

Dans l’improvisation, certains gestes sont les mêmes, d’autres sont plus lents ou plus rapides à intégrer. 

Khouyoul, c’est aussi une recherche de liberté. “La liberté de créer, d’oser créer”, souligne Joke Laureyns.

“Nous avons repris le même processus: donner des propositions à l’équipe et laisser place à l’improvisation”, continue-t-elle. “Ce n’était pas évident au début pour les enfants, mais ils ont fini par se lâcher!”.   

Pour Béatrice Dunoyer, ces difficultés sont les reliques de la dictature, qui a “brisé l’imaginaire, brisé l’esprit critique. Elle est toujours présente dans les esprits. Et Khouyoul, c’est une “permission de rêver, dont les tunisiens ont besoin”.

Du 28 au 30 décembre, le spectacle a été joué! “J’ai d’abord vu les enfants stressés puis, avec le public, ils ont partagé leur travail. Cela témoigne de leur conscience. Ils ont réussi!”, se réjouit Joke.

Dream City, attendu en octobre 2019, sera leur prochaine scène. Ils seront aussi en tournée en Belgique le même mois.

“La danse, parce qu’elle évacue le langage parlé, peut évoquer l’attente, l’amour, la mort, la peur... Toutes ces grandes émotions dont on semble avoir du mal à parler sans bégayer, surtout quand il s’agit de s’adresser à un enfant.” -Joke Laureyns, Extrait de “L’état de la danse de la jeunesse” (2011).  

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