MAROC
17/08/2018 12h:25 CET

Khiame plaide pour un accès sans restriction aux données d'Europol

Pour éviter de nouveaux attentats meurtriers.

STR via Getty Images

SÉCURITÉ - La lutte contre le terrorisme et ses prémices passe avant tout. Le directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), Abdelhak Khiame, en est convaincu. Il a estimé, dans une interview accordée à l’agence de presse espagnole EFE relayée par la MAP, que la coopération entre pays n’a pas à subir de restriction.

Pour lui, l’approche préventive et sécuritaire impose une coopération où la règle d’or devra être la libre circulation de l’information. “Nous avons appelé nos homologues occidentaux à partager avec nous les données dont ils disposent”, a-t-il déclaré, soulignant la nécessité pour le Maroc d’accéder comme membre de plein droit aux bases de données de l’Office européen de police (Europol).

Une “condition indispensable” pour lutter contre la radicalisation

Si le patron du “FBI marocain” se montre satisfait de la coopération entre les services de renseignement marocains et espagnols en la qualifiant d’“excellente”, il ne cache pas que le cas avec d’autres pays européens ne l’est pas vraiment. Une condition qui s’avère pourtant indispensable, aux yeux de Abdelhak Khiame, face aux nombreux cas de radicalisation des jeunes migrants dans les différents pays de l’Europe. Ce qui légitime l’accès aux bases de données, a-t-il précisé dans cette interview.

Un accès de la sorte permettra au BCIJ de disposer d’informations sur tous ces jeunes, dont beaucoup d’entre eux sont binationaux et risquent d’être confrontés à l’extrémisme violent. “Je pense que la base de données de toutes les agences responsables de la sécurité en Europe comme Europol doit être partagée avec les pays de l’Afrique du Nord comme le Maroc”, a-t-il soutenu, rappelant l’adoption, en juillet dernier, d’une résolution par le Parlement européen qui recommande à l’Union européenne (UE) de signer un accord avec le Maroc pour l’échange de données personnelles.

Cette résolution concerne plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et autorise l’ouverture de négociations en vue d’un accord sur l’échange de données à caractère personnel dans le but de renforcer la coopération en matière de prévention et de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.

Tirer des leçons

Abdelhak Khiame a estimé que cet accès relève d’une urgence. Il a affirmé que les principaux enseignements à tirer des attentats de l’année dernière en Catalogne est la nécessité de renforcer l’échange permanent d’informations entre les différents services de renseignement. “Nous devons tirer des leçons de cas comme celui-ci et les services de sécurité espagnols devraient communiquer avec nous s’ils ont des soupçons à propos de quelqu’un”, a-t-il dit. 

Un an après les attentats meurtriers en Catalogne, qui ont coûté la vie à 16 personnes et blessés 155 autres, une cérémonie d’hommage aux victimes est organisée, ce vendredi, à Barcelone, en présence du roi Felipe VI et du premier ministre Pedro Sánchez.

Les recherches menées en Espagne sur ces attaques ont été saluées par Khiame, dans cette interview, dans laquelle il a estimé que la police espagnole a fait preuve de “professionnalisme”. Et de noter, toutefois, que certaines questions restent encore en suspens, telle que la gestion du champ religieux dans le pays ibérique. “L’Espagne a une forte communauté musulmane, y compris les convertis et ceux qui viennent d’autres pays. Toutes ces personnes doivent recevoir un encadrement religieux”, a-t-il précisé, rappelant que tous les lieux de culte en Espagne sont “sous la tutelle d’une institution gouvernementale”.

Une nouvelle stratégie pour prévenir tout risque de radicalisation des Marocains résidant à l’étranger se met en place. Son efficacité sera déterminante pour le Maroc.